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Quand la souveraineté alimentaire devient un levier d’adaptation au défi climatique

Le colloque international et pluridisciplinaire dédié à l’alimentation et au tourisme en Océanie porté par le Campus des Métiers et des Qualifications Hôtellerie et Restauration du Pacifique (CMQP), le Centre d’Études du Tourisme en Océanie-Pacifique (CETOP), le Centre d’Étude de la Santé en Milieu Insulaire (CESMI) et le Centre Gouvernance et Développement Insulaire (GDI), en partenariat avec l’Université de la Polynésie française (UPF), s’est tenu à Tahiti du 25 au 27 novembre. Cet évènement fut consacré à la question de la souveraineté alimentaire, du tourisme et de la restauration.

L’Océanie dispose d’une richesse alimentaire d’exception, bénéfique pour la santé, mais  dépend fortement de l’importation de produits alimentaires, parfois transformés, ce qui provoque, par conséquent, des maladies telles que le diabète et l’obésité.

S’inscrivant dans une économie bleue, fondée sur la valorisation des ressources marines et côtières, ce colloque a pour objectif de favoriser la redécouverte et la valorisation des ressources locales, ainsi que de promouvoir une gastronomie mettant en avant les produits des terroirs, dans une démarche à la fois scientifique, patrimoniale et touristique. La valorisation des savoirs locaux est un des piliers de recherche-action du projet CLIPSSA, des membres, Fleur VALLET ingénieur projet et Maya LECLERCQ post doctorante en anthropologie, ont été invités à Tahiti afin de participer à ce colloque.

 

Les projets Clim’en vers et Clim à table ou les sciences de la médiation

Après avoir présenté les volets principaux du projet (sciences humaines et sociales et modélisation climatique, simulations agricoles), les partenaires (Agence française de développement, Méteo-France, Institut de recherche et de développement) et les territoires concernés par ce projet (Nouvelle-Calédonie, Polynésie française, Wallis-et-Futuna et le Vanuatu), Fleur a exposé au public les projets Clim’en vers  et Clim’a table avec un focus dirigé sur Clim à table, en résonance avec la thématique du colloque de cette édition 2025.

Ces initiatives ont démontré l’existence de différents vecteurs de sensibilisation des sciences  de la médiation scientifique qui ouvrent un peu plus les options liées à la vulgarisation (slam, gastronomie).

Elles montrent, en effet, que la vulgarisation ne relève pas seulement d’un contenu à simplifier, mais surtout d’un langage à réinventer. Le slam, la gastronomie, l’alimentation, le tourisme ou d’autres formes culturelles ne sont pas des artifices : ce sont de véritables vecteurs cognitifs et émotionnels. Ils mobilisent  de l’attention, de l’identification et de l’engagement. Ce sont trois conditions essentielles pour que le savoir circule, et surtout si l’on est directement concerné par les impacts du changement climatique.

Et cette simplicité n’est pas une perte de rigueur, c’est un outil de démocratisation. Rendre un concept audible et compréhensible, c’est reconnaître la pluralité des publics et accepter que la science ne se transmette pas uniquement par les codes académiques traditionnels. Cette simplicité agit comme un socle commun, à partir duquel chacun peut approfondir sa réflexion selon son niveau, ses intérêts, son parcours.

 Cette transversalité ouvre la voie à une science plus inclusive, elle la décloisonne. Elle rappelle que la médiation scientifique est aussi une pratique sociale et culturelle, et une manière de rendre chacun acteur de son propre environnement. Elle appelle à une conscientisation et une responsabilisation.

Cela démontre aussi que saisir un concept, utiliser les moyens intermédiaires spécifiques ou proposés, est une manière de répondre et de résister face aux défis climatiques de plus en plus présents, comme nous le montre l’exemple des Faaapu. Le projet Clim’a table et les Faaapu posent les bases d’une problématique : Comment l’alimentation de demain peut-elle être un facteur de développement et d’innovation face au défi climatique?

 

Le faaapu : la résistance par la subsistance

 

Maya présentant ses résultats de recherches sur les faaapu @ Fleur Vallet 

Les Faaapu sont à Tahiti et à Moorea des jardins potagers. Forme d’agriculture domestique, présente dans toute l’océanie. Sur une petite parcelle, elle est souvent proche des habitations et sa fonction première est de réduire les dépenses alimentaires, de consommer sainement et gagner en autonomie. Cette méthode de jardinage, n’utilise généralement pas de pesticides, permet une transmission des approches, plus faciles, entre les habitants. Les Faaapus sont aussi des laboratoires d’expérimentation, d’hybridation, entre les savoirs et leurs environnement, comme le ressentent et le vivent  la plupart des Océaniens. Cultiver, se nourrir, malgré les aléas climatiques, économiques, est bien une manière de résister, de se maintenir dans le temps et donc d’exister.

 

La souveraineté alimentaire en Océanie : facteur d’innovation…et de médiation

Au-delà de la dimension sociale, spirituelle et économique de l’agriculture et de la pêche, la sécurité alimentaire est une des fondations sur lesquelles repose la culture océanienne. On cultive, on pêche, d’abord pour manger. Les Faaapu, constituent un pilier de l’autonomie. Ils favorisent une alimentation saine, la transmission des savoirs traditionnels et l’expérimentation de pratiques adaptées à l’environnement. Face aux changements climatiques, ces espaces deviennent des lieux d’innovation où les connaissances ancestrales évoluent. La sécurité alimentaire apparaît ainsi comme un facteur central de résistance, de continuité culturelle et de médiation entre traditions, adaptation et transmission, ils sont réinterprétés et enrichis face à un paramètre nouveau, le défi climatique.  Au sein des peuples océaniens vivre, c’est déjà résister.

 

 

 

 

 

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