CLIPSSA dans the Conversation

Dans un article publié dans The Conversation, des chercheuses du projet CLIPSSA à savoir Catherine SABINOT, ethnoécologue et anthropologue, ainsi que Maya LECLERCQ, postdoctorante en anthropologie, expliquent comment les savoirs locaux sont une arme d’adaptation, de résilience face aux effets des changements climatiques dans les territoires insulaires du Pacifique.

 

 

Conférence C Nature : Observer, innover et transmettre

 

Les agriculteurs et agricultrices du Pacifique face au changement climatique

Le 02 décembre 2025 à 18h, l’auditorium de la Province Sud a accueilli une conférence du cycle C’Nature consacrée à l’agriculture et à l’adaptation face au changement climatique des térritoires insulaires du Pacifique Sud. À cette occasion, des chercheurs du projet CLIPSSA ont partagé leurs différents travaux : Catherine SABINOT (anthropologue et ethnoécologue), Samson JEAN MARIE (doctorant en anthropologie et géographie), Ida PALENE diplômée de l’ISTOM après avoir réalisé un stage de recherche au sein de l’équipe CLIPSSA à l’IRD et aujourd’hui en volontariat de service civique à l’IRD, ainsi que Maya LECLERCQ (anthropologue et sociologue, en visio-conférence depuis la Polynésie française). Ensemble, ils ont mis en discussion deux questions centrales fortement imbriquées : Comment les agricultrices et agriculteurs des sociétés du Pacifique observent ils les changements climatiques et expérimentent ils des réponses concrètes dans leurs champs et jardins ? Et comment s’organisent la circulation et la transmission de ces savoirs et pratiques visant à s’adapter aux changements?

 

La culture du risque au cœur des stratégies d’adaptation

Dans les îles du Pacifique, l’agriculture se pratique au plus près des saisons, des sols, des vents, de la pluie… et des événements extrêmes. Savoir anticiper une période très sèche, réorganiser les cultures après de fortes pluies, ou encore se préparer à l’approche d’un cyclone fait partie du quotidien de nombreuses familles. Au cœur des échanges, une idée forte : les communautés de Nouvelle-Calédonie, du Vanuatu, de Wallis-et-Futuna et de Polynésie française ont construit, au fil des expériences, de véritables « cultures du risque ». Autrement dit, des manières d’observer, d’interpréter et d’agir qui permettent de faire face à l’incertitude climatique. L’enjeu, aujourd’hui, est de faire dialoguer ces savoirs et pratiques avec les connaissances scientifiques pour renforcer l’adaptation.

 

Reconnaitre et identifier les vulnérabilités face à une menace climatique réelle.

Lors de cette conférence, les chercheurs rappelé les transformations des  mécanismes météo-climatiques en raison du changement climatique, et notamment le mécanisme ENSO qui fait fluctuer entre autre, année après année, les pluies et les températures. Ils ont présenté en quoi cela influençait entre autres les cultures agricoles, les récoltes et le stockage de l’eau.

Les saisons sèches ont tendance à être plus longues, plus importantes. Elles impactent la croissance des cultures, cause un stress hydrique, assèchent les points d’eaux, rendent la terre difficile à cultiver. A contrario les inondations fortes entraînent des maladies, noient les cultures. Dans les deux cas, la population doit faire face à de nouvelles façons de gérer l’eau, se préparer à des changements dans les rendements. L’urgence climatique interroge ainsi fortement la question de la sécurité alimentaire.

« Le plus dur c’est l’eau, la saison sèche dure plus longtemps, le ptit creek là (…) cailloux, cailloux (…) on doit choisir quel champ sauver » Agriculteur de Canala, Nouvelle-Calédonie, Janvier 2024

 

L’hybridations des savoirs : instrument et espace de résilience

Durant la présentation et les débats qui ont suivi, l’équipe CLIPSSA a décrit l’hybridation des savoirs comme un processus actif, vivant. Cette hybridation peut se définir comme une combinaison entre savoirs endogènes (qui vient des ancêtres, inscrit dans la généalogie et transmise de générations en générations) et exogènes (sources extérieurs tels que les ONG, la science, les réseaux sociaux etc..). Au fil du temps et des évènements climatiques, les agriculteurs expérimentent ainsi de nouvelles pratiques et produisent de nouveaux savoirs nourris par leur expérience et les différentes ressources auxquels ils ont accès.

Les chercheurs ont décrits plusieurs pratiques et techniques observées en Nouvelle-Calédonie, Vanuatu, Polynésie française et Wallis-et-Futuna : paillage, tuteurs inclinés, diversification des cultures, choix des semences plus robustes, innovation dans l’irrigation. Ils ont aussi montré comment les lieux et les moments d’apprentissage se diversifiaient, impliquant aussi les Nakamal, les kava bars, l’école, les marchés, les champs et les petits jardins océaniens comme les faaa’pu, ou encore les réseaux sociaux et les divers médias. Ces moments et lieux, ces espaces-temps se transforment sortent des sentiers ordinaires, des normes sociétales et permettent des ajustements des pratiques dans des contextes climatiques eux aussi en mouvement.

Une part de la conférence a été dédiée à la place des femmes dans la circulation des savoirs, révélant le rôle essentiel joué par les femmes pourtant souvent invisibilisé.

Ida PALENE, ingénieure agronome présentant ses travaux sur le rôle des femmes dans la circulation des savoirs  @crédits photos Marie BARITAUD  

 

Comment les chercheurs ont ils travaillé avec la population locale?

Grâce à des entretiens semis-directifs et de l’observation participante, les chercheurs avec les agriculteurs et agricultrices ont cherché à rendre visible le vécu des habitants face aux modifications climatiques et mettre en exergue les manières dont circulent les savoirs : en réalisant des ateliers cartographie participative ou ils ont spatialisé les zones de cultures exposées aux différents aléas et en travaillant avec les écoles, notamment via des ateliers de dessins ou ils ont pu rendre compte des représentations et savoirs de la jeune génération.

@crédits photos Marie BARITAUD

Cette conférence C Nature 2025 a montré une fois de plus l’importance de conjuguer les savoirs locaux avec les connaissances académiques. Les agriculteurs et agricultrices vivent directement les effets du dérèglement climatiques et développent au quotidien des manières de prévoir le temps, de s’ajuster à ce dernier. Ils se forgent une culture du risque à force d’essai, d’erreur et de succès. En fusionnant savoirs locaux endogènes et exogènes, se dessinent des stratégies adaptatives qui sonnent plus justes pour celles et ceux qui travaillent la terre, et qui méritent d’être au mieux intégrées dans les politiques publiques. 

 

 

 

 

 

 

Le projet TOPOS : l’itinéraire singulier des identités et des paysages

 

Les porteurs du projet TOPOS

Crédit photos@ Aurélia

Stéphanie RABAULT (UNC) Chargée de mission « égalité-diversité-inclusion »
Cathernie SABINOT (IRD) Chercheuse en anthropologie et ethnoécologie
Edourad HNAWIA (UNC- IRD) Chimiste, ethno-botaniste et ethno-pharmacologue

 

 

Qaja me kuca (dire et faire en langue Drehu)

Du 12 au 15 novembre, des chercheurs du projet CLIPSSA (Climat du Pacifique Savoirs Locaux et Stratégies d’Adaptation) ont activement participé à la résidence du projet TOPOS coordonné par l’UNC et l’IRD. Ce moment de communion scientifique et artistique, rassemblait une diversité d’acteurs provenant du milieu de la recherche, des collectivités, des associations artistiques, des étudiants et d’autres invités.

 

TOPOS ?

Porté par une équipe pluridisciplinaire, TOPOS se déroule sur deux années consécutives et constitue une passerelle entre les sciences, les arts, les politiques publiques et les habitant.es, scientifiques, acteurs culturels et artistes travaillent ensemble pour répondre à une question transversale : comment renouer avec les formes de nature en ville lorsque les écosystèmes se fragilisent, que les langues se perdent, et que la cohésion sociale s’effrite?

 

Que vont produire les participants de TOPOS ?

TOPOS constitut un espace-temps de co-production d’idées et de moyens pour rendre lisible et accessible les formes de synergies biologiques et culturelles de la ville de Nouméa. Il a pour objectif de transformer un territoire urbain en un espace d’apprentissage, de créativité et de résilience en inspirant tant des productions scientifiques que des créations artistiques. Il vise à offrir des pistes de réflexion aux pouvoirs publics en matière d’aménagement urbain et de cohésion sociale, dans un contexte de changement sociétal et de contraintes climatiques.

L’une des finalités concrètes de TOPOS est la co-création d’un parcours itinérant scénarisé d’environ 12 kilométres, reliant la Maison de la biodiversité de Nouméa à la Maison de l’Environnement du Mont-Dore, qui sera porté et animé par une diversité d’artistes à la fin de l’année 2026.

Le projet TOPOS nourrit, plus largement l’ambition de :

  • Renforcer le lien entre habitants et environnement ;
  • Valoriser les savoirs locaux, les langues et les cultures ;
  • Encourager une gestion durable et plus respectueuse de l’environnement des espaces publics;
  • Dépasser les fractures sociales et culturelles par la création collective ;
  • Démocratiser, vulgariser les résultats de la recherche scientifique.

 

Et CLIPSSA dans tout cela ?

Catherine Sabinot, coordinatrice de CLIPSSA a initié et coporte le projet TOPOS avec Stéphanie Geneix-Rabault (UNC) et Edouard Hnawia (IRD-UNC).Quant à l’équipe CLIPSSA, dans sa diversité, elle embarque la recherche dans la pirogue de la création artistique, elle apporte à TOPOS des idées, des résultats de recherche en sciences humaines et sociales comme en science du climat. Elle accompagne le déploiement d’enquêtes ethnographiques, évalue la portée du projet et apporte aussi sa part à la création artistique !

Durant la résidence de novembre, quatre membres de CLIPSSA ont travaillé avec les participants de la résidence pour imaginer les étapes clefs du parcours itinérant, pointer les résultats de recherche clefs qui pouvaient être mis en avant dans les créations artistiques et penser les étapes à venir en 2026 : une restitution de la résidence en mars et une nouvelle résidence de création en septembre.

 

 

 

 

 

 

 

 

Colloque alimentation et tourisme culinaire en Polynésie française

 

Quand la souveraineté alimentaire devient un levier d’adaptation au défi climatique

Le colloque international et pluridisciplinaire dédié à l’alimentation et au tourisme en Océanie porté par le Campus des Métiers et des Qualifications Hôtellerie et Restauration du Pacifique (CMQP), le Centre d’Études du Tourisme en Océanie-Pacifique (CETOP), le Centre d’Étude de la Santé en Milieu Insulaire (CESMI) et le Centre Gouvernance et Développement Insulaire (GDI), en partenariat avec l’Université de la Polynésie française (UPF), s’est tenu à Tahiti du 25 au 27 novembre. Cet évènement fut consacré à la question de la souveraineté alimentaire, du tourisme et de la restauration. Continue reading

Adaptation Future : Combiner science, territoires et connaissances pour s’adapter au climat du Pacifique Sud

 

Un cadre international pour penser l’adaptation

Du 13 au 16 octobre 2025, l’équipe CLIPSSA a participé au colloque international Adaptation Future 2025 à Christchurch, en Nouvelle-Zélande. Inscrit dans le programme des Nations Unies World Adaptation Science Program (WASP), cet événement majeur a réuni chercheurs, décideurs publics, acteurs économiques, associations et communautés locales. Il a offert un espace privilégié d’échanges sur les stratégies d’adaptation face aux effets des changements climatiques, en mettant l’accent sur la reconnaissance des savoirs autochtones et locaux comme leviers de résilience. C’est un écho aux axes de recherche-action et de réflexion sur lesquels repose le projet CLIPSSA.

 

CLIPSSA : une dynamique collective et interdisciplinaire

Lors d’un panel intitulé « Relier les connaissances : approches transdisciplinaires de l’adaptation au changement climatique dans le Pacifique Sud » les chercheurs de CLIPSSA ont démontré la pertinence de croiser les sciences exactes et les savoirs locaux. Ces disciplines s’articulent et coopèrent pour transformer des données brutes en outils concrets d’aide à la décision publique, adaptés aux réalités des terrains concernés (Vanutau, Nouvelle-Calédonie, Wallis et Futuna et la Polynésie française).

CLIPSSA opère dans un paysage institutionnel dense, le projet doit harmoniser les intérêts de multiples acteurs (chercheurs, financeurs, techniciens) aux échelles locales et régionales. La coopération, le succès du projet repose donc sur une collaboration fluide et claire entre les partenaires aux épistémologies différentes.

@credits photos, Christophe BUFFET AFD

« Au niveau local, nous travaillons avec un large éventail de parties prenantes, chacune ayant des temporalités et des intérêts différents, qu’il s’agisse d’accéder aux données et aux résultats, ou de contribuer à l’orientation des politiques publiques. » Fleur VALLET, Ingénieur projet et Géographe.

 

L’équipe sciences humaines et sociales : pilliers de la résilience

L’équipe de recherche en sciences humaines et sociales (Maya Leclercq post doctorante  en anthropologie et Samson Jean- Marie doctorant en anthropologie géographie)  démontrent  par des enquêtes et des observations  que l’adaptation est le fruit d’ une intelligence pratique de terrain développée par les agriculteurs de Nouvelle-Calédonie, du Vanuatu et de Polynésie française. Elle résulte d’une compréhension ainsi que d’une observation fine des cycles naturels. Et bien que les menaces soient communes (cyclones, inondations), les réponses sont spécifiques à chaque territoire. L’adaptation n’est pas uniforme : elle s’ancre dans la culture et la géographie locale et évolue selon les contextes, les genres, les ressources qu’elles soient matérielles (équipements agricoles) ou immatérielles (transmission des savoirs endogènes ou exogènes). Il s’illustre alors une philosophie de l’adaptation basée sur l’humilité et la cohésion :

  • Vanuatu : «Quand le cyclone passe, on ne décide pas seul. On se réunit, on regarde ce qui est encore possible».
  • Nouvelle-Calédonie : «On ne peut pas lutter contre l’eau, alors on s’adapte avec elle».

Samson, en visio depuis la Nouvelle-Calédonie @ crédits photos Christophe BUFFET AFD

 

De la modélisation climatique à la simulation agricole

La précision des données climatiques est indispensable pour anticiper les rendements agricoles et sécuriser les ressources en eau dans le Pacifique Sud.

Les modèles climatiques globaux du GIEC ( groupe d’experts intergouvernemental; c’est un organisme de l’Organisation des Nations unies qui évalue les recherches sur le climat) sont souvent trop imprécis pour les petites îles. CLIPSSA affine ces données grâce aux modèles ALADIN (résolution 20 km) et AROME (résolution 2,5 km) pour coller aux spécificités topographiques des îles du Pacifique Sud. C’est la méthodologie de la descente d’échelle, intégrer les particularités de chaque îles, c’est gagner en précisions locales. Cependant, il existe des certitudes et des zones d’ombre, si la hausse des températures est confirmée, l’incertitude demeure sur les précipitations, imposant une surveillance accrue des phénomènes extrêmes comme l’a présenté Dakéga RAGATOA, notre chercheur en modélisations des impacts du changement climatiques sur les systèmes agricoles.  

@crédits photos Christophe BUFFET

Gildas GUIDIGAN (chercheur et modélisateur) va relié ces données en utilisant le modèle APSIMx, (modèle agronomique informatique qui simule la croissance des cultures et leurs interactions avec le sol, le climat et les pratiques agricoles afin d’aider à prévoir les rendements) pour traduire  les données climatiques en impacts réels sur les cultures vivrières (igname, taro). Cela permet de cartographier les zones qui resteront cultivables de celles qui deviendront vulnérables et ainsi offrir des outils concrets, adaptés aux terrains, pour accompagner les stratégies d’adaptations agricoles et une gestion plus durable de l’eau.

 

Une adaptation par et pour les territoires du Pacifique Sud

Pour Séverine BOUARD, géographe et modératrice du panel, l’adaptation ne peut être unique, elle est à l’image de ceux qui la pratique. Chaque île à sa propre organisation sociale et politique. De ces cinq ans de travail un double constat émerge : une collaboration interdisciplinaire riche génère un volume énorme de connaissance, mais révèle aussi des lacunes et des défis démontrant qu’ils restent encore des données manquantes nécessaires à une modélisation fiable et juste.

Séverine BOUARD, modératrice du panel @crédits photos Christophe BUFFET

Les faaapu (jardins océaniens) de Tahiti : Un levier de résilience face au défi climatique- Stage de fin d’études Chloé DELBOVE

Stage de fin d’études réalisé par Chloé DELBOVE
Master : Écologie scientifique et sciences sociales (spécialisation : transformations et transitions socio-écologiques), Muséum National d’Histoire Naturelle, Paris.
Février-septembre 2025
Encadrantes : Maya LECLERCQ (IRD), Catherine Sabinot (IRD)
Tutrices académiques : Nelly Parés, sociologue, maître de conférences et codirectrice du Master 2, Anne-Caroline Prévot, écologue, Centre d’écologie et de sciences de la conservation (CESCO), Muséum National d’Histoire Naturelle.
Terrain : Tahiti, Polynésie française
Soutenance le 8 octobre 2025 au Muséum National d’Histoire Naturelle de Paris.

 

Résumé de l’article 

Et si la clé de la résilience climatique en Polynésie française ne se trouvait pas seulement dans les rapports techniques, mais au creux des mains de ceux qui travaillent la terre ? À l’heure où les territoires insulaires du Pacifique Sud font face à une vulnérabilité sans précédent (sécheresses, inondations, dépendance alimentaire), les faaapu, les jardins potagers polynésiens, émergent comme de véritables laboratoires d’innovation et de survie.

Faapu de la presqu’île de Tahiti, @crédits photos Chloé DELBOVE 

 

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Vanuatu, ces femmes qui (ré)ajustent les pratiques agricoles face au climat qui change- Stage de fin d’études réalisé par Ida PALENE

Femme dans son champ, @crédits photos Ida PALENE

 

Stage de fin d’études réalisé par Ida PALENE
ISTOM : École d’ingénieur en agro-développement international
Durée du stage : Février – Août 2025 
Encadrant(e)s :  Samson JEAN MARIE (IRD), Catherine SABINOT (IRD)
Terrain: Vanuatu
Soutenance :  23 octobre 2025 à l’ISTOM, Angers France, en présence  de Brice EBODE enseignant-chercheur en Géosciences et Environnement et Smaïl SLIMANI, expert hydrogéologue, et de l’équipe CLIPSSA de Nouméa en visio.

 

Ida pendant sa soutenance à Angers, @crédits photos Ida PALENE

 

Dans deux villages ruraux de l’archipel du Vanuatu, des agricultrices réinventent au quotidien les pratiques agricoles, les solidarités et les rôles de genre pour faire face aux bouleversements climatiques et sociaux. Une jeune ingénieure en agro-développement, Ida PALENE, est allée partager leur quotidien.

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CLIM’ A TABLE : Sensibiliser par le goût

Une histoire de bouchées sucrées et salées, saveur changement climatique

 Crédits: Caroline Agier Météo France

Le projet CLIPSSA (Climat du Pacifique, Savoirs Locaux et Stratégies d’Adaptation) en collaboration avec la section hôtellerie-restauration du Lycée d’application Auguste Escoffier et le Consortium pour la recherche et l’innovation (CRESICA) a coorganisé un cocktail innovant. Clim à table  met l’accent sur l’alimentation notamment les tubercules emblématiques du Pacifique Sud tels que l’igname, le taro ou la patate douce, au carrefour des enjeux des changements climatiques et de la gastronomie. Le point d’orgue de cette collaboration a vu le jour lors de l’inauguration de la Fête de la Science le jeudi 2 octobre 2025, de 18h00 à 20h00, au restaurant du lycée à Nouméa. CLIPSSA a nourri le cheminement des élèves de la section hôtellerie restauration du lycée Escoffier, entre réunion, échange et rencontre.

Les rencontres qui enrichissent

Pour alimenter leurs connaissances et leurs travaux, les élèves d’Escoffier ont bénéficié, en amont, de l’intervention des chercheurs du projet CLIPSSA dans leurs jardin d’agroforesterie au sein même de l’établissement. Une rencontre enrichissante où ils ont pu échanger avec les scientifiques, poser des questions sur leurs missions, leurs rôles au sein de CLIPSSA. L’occasion de bénéficier de leurs expertises et d’en savoir un peu plus sur les effets des changements climatiques. Une manière non seulement de rendre concrète la réalité de la recherche scientifique mais aussi de montrer qu’il y a des notions qu’ils connaissent déjà et dont certains d’entre eux font l’expérience quotidiennement (adaptation, résilience, travaux agricoles, pêche).

 

Rencontre  avec les chercheurs au jardin d’agroforesterie du lycée. Crédits: Caroline Agier, Météo France 

Un brin d’intelligence et un zeste de créativité

Cette édition 2025 de la Fête de la Science fût placée sous la thématique de l’intelligence, dans ses horizons les plus variés. L’ambassadeur de cette édition, Colin de la Higuera, chercheur et professeur à l’université de Nantes, titulaire de la chaire de l’UNESCO sur l’intelligence artificielle et la pédagogie, a fait son discours sur le maniement de cette dernière au service de la recherche et de l’apprentissage.

 

Crédits: Julien Mazzoni, Les Nouvelles Calédoniennes

De l’art culinaire

Cette intelligence s’est exprimée par un travail créatif de la part des élèves de CAP Hôtellerie et de Terminale BTS du lycée Escoffier. En effet, aidés de leurs professeurs, ils ont créé et servi un cocktail proposant six bouchées salées ( trois froides et trois chaudes) et six bouchées sucrées. Les ingrédients ont été choisis minutieusement selon leurs qualités gustatives, selon ce que cela peut évoquer au niveau des changement climatiques ( exemple: Feux de brousse et chaleurs extrêmes = croquette d’igname fumée au saucisson de cerf)

A l’art oratoire   

La créativité fut au rendez-vous, notamment avec du slam, puisque les élèves participant au projet Clim’ en vers ont pu clamer leurs pensées, toujours sur la même thématique. Cette discipline artistique se définit de deux manières : l’écriture du texte qui permet une liberté et une intimité avec les mots, et la déclamation par l’oralité. Axés autour de mini scénarios, ils se sont portés volontaires pour donner du rythme et une voix face à l’urgence du phénomène climatique. C’est un espace qui fut accordé aux élèves de seconde et de première de la section des sciences de l’hôtellerie et de la restauration.  L’implication des jeunes dans la recherche-action passe par la reconnaissance de leur créativité et l’usage du canal d’expression adéquat. L’intervention de l’équipe de CLIPSSA a été de donner les clés, le vocabulaire spécifique et de veiller à la cohérence avec la thématique abordée.

 Prestations des élèves. Crédits: Caroline Agier, Météo France

Ainsi, l’art, s’il peut être une échappatoire, se révèle un excellent vecteur de vulgarisation scientifique. La cuisine, le restaurant, la salle de classe, deviennent par l’intermédiaire du projet « Clim’à table » de véritables laboratoires et des exemples pour d’autres terrains d’expérimentation et de médiation scientifique, qui restent à explorer. C’est une approche qui contribue à la conscientisation sur les problèmes réels de la société et donc au développement et à la recherche. Les retours et acquis peuvent servir de piste de réflexion en matière de sensibilisation face aux changement climatique auprès des  jeunes générations.

 

Offre de stage 5 à 6 mois – Assistant(e) de projet « Communication & médiation scientifique »

CLIPSSA propose un stage de communication & médiation scientifique de 5 à 6 mois au centre IRD de Nouméa en Nouvelle-Calédonie.

La date limite de candidature est fixée au 15 novembre et les entretiens auront lieu entre le 25 et 27 novembre. La date de démarrage du stage est prévue à compter de mars 2026.

Pour plus d’infos !

Offre de stage IRD CLIPSSA 2026

 

Comprendre les travaux scientifiques en 3min !

 

Comprendre et explorer les enjeux scientifiques de manière claire, synthétique, lisible et ce d’une autre manière, permet de rendre accessible la recherche scientifique à tous types de publics.

 

Les fiches de vulgarisation suivantes ont été créées pour répondre à ce besoin avec le soutien et l’apport en données scientifiques des chercheurs de CLIPSSA :

 

 

D’autres fiches seront bientôt disponibles.

 

Ainsi, alimentées par les recherches et les travaux des scientifiques du projet CLIPSSA, ces fiches traversent différentes problématiques liées aux effets des changements climatiques tels que la gestion de l’eau, l’adaptation des méthodes agricoles ou encore la modélisation climatique.

 

Elles permettent donc d’expliquer des travaux scientifiques complexes de manière simplifiée, tout en contribuant à éclairer les décisions et à encourager l’action et ce en stimulant la réflexion autour des défis du futur.

 

Ces fiches ont été réalisées en collaboration avec l’agence de communication Bien fait pour ta Com, le service graphisme de l’IRD à Marseille et l’équipe de communication CLIPSSA, afin d’allier rigueur scientifique, clarté du propos et qualité visuelle.