Adaptation Future : Combiner science, territoires et connaissances pour s’adapter au climat du Pacifique Sud

 

Un cadre international pour penser l’adaptation

Du 13 au 16 octobre 2025, l’équipe CLIPSSA a participé au colloque international Adaptation Future 2025 à Christchurch, en Nouvelle-Zélande. Inscrit dans le programme des Nations Unies World Adaptation Science Program (WASP), cet événement majeur a réuni chercheurs, décideurs publics, acteurs économiques, associations et communautés locales. Il a offert un espace privilégié d’échanges sur les stratégies d’adaptation face aux effets des changements climatiques, en mettant l’accent sur la reconnaissance des savoirs autochtones et locaux comme leviers de résilience. C’est un écho aux axes de recherche-action et de réflexion sur lesquels repose le projet CLIPSSA.

 

CLIPSSA : une dynamique collective et interdisciplinaire

Lors d’un panel intitulé « Relier les connaissances : approches transdisciplinaires de l’adaptation au changement climatique dans le Pacifique Sud » les chercheurs de CLIPSSA ont démontré la pertinence de croiser les sciences exactes et les savoirs locaux. Ces disciplines s’articulent et coopèrent pour transformer des données brutes en outils concrets d’aide à la décision publique, adaptés aux réalités des terrains concernés (Vanutau, Nouvelle-Calédonie, Wallis et Futuna et la Polynésie française).

CLIPSSA opère dans un paysage institutionnel dense, le projet doit harmoniser les intérêts de multiples acteurs (chercheurs, financeurs, techniciens) aux échelles locales et régionales. La coopération, le succès du projet repose donc sur une collaboration fluide et claire entre les partenaires aux épistémologies différentes.

@credits photos, Christophe BUFFET AFD

« Au niveau local, nous travaillons avec un large éventail de parties prenantes, chacune ayant des temporalités et des intérêts différents, qu’il s’agisse d’accéder aux données et aux résultats, ou de contribuer à l’orientation des politiques publiques. » Fleur VALLET, Ingénieur projet et Géographe.

 

L’équipe sciences humaines et sociales : pilliers de la résilience

L’équipe de recherche en sciences humaines et sociales (Maya Leclercq post doctorante  en anthropologie et Samson Jean- Marie doctorant en anthropologie géographie)  démontrent  par des enquêtes et des observations  que l’adaptation est le fruit d’ une intelligence pratique de terrain développée par les agriculteurs de Nouvelle-Calédonie, du Vanuatu et de Polynésie française. Elle résulte d’une compréhension ainsi que d’une observation fine des cycles naturels. Et bien que les menaces soient communes (cyclones, inondations), les réponses sont spécifiques à chaque territoire. L’adaptation n’est pas uniforme : elle s’ancre dans la culture et la géographie locale et évolue selon les contextes, les genres, les ressources qu’elles soient matérielles (équipements agricoles) ou immatérielles (transmission des savoirs endogènes ou exogènes). Il s’illustre alors une philosophie de l’adaptation basée sur l’humilité et la cohésion :

  • Vanuatu : «Quand le cyclone passe, on ne décide pas seul. On se réunit, on regarde ce qui est encore possible».
  • Nouvelle-Calédonie : «On ne peut pas lutter contre l’eau, alors on s’adapte avec elle».

Samson, en visio depuis la Nouvelle-Calédonie @ crédits photos Christophe BUFFET AFD

 

De la modélisation climatique à la simulation agricole

La précision des données climatiques est indispensable pour anticiper les rendements agricoles et sécuriser les ressources en eau dans le Pacifique Sud.

Les modèles climatiques globaux du GIEC ( groupe d’experts intergouvernemental; c’est un organisme de l’Organisation des Nations unies qui évalue les recherches sur le climat) sont souvent trop imprécis pour les petites îles. CLIPSSA affine ces données grâce aux modèles ALADIN (résolution 20 km) et AROME (résolution 2,5 km) pour coller aux spécificités topographiques des îles du Pacifique Sud. C’est la méthodologie de la descente d’échelle, intégrer les particularités de chaque îles, c’est gagner en précisions locales. Cependant, il existe des certitudes et des zones d’ombre, si la hausse des températures est confirmée, l’incertitude demeure sur les précipitations, imposant une surveillance accrue des phénomènes extrêmes comme l’a présenté Dakéga RAGATOA, notre chercheur en modélisations des impacts du changement climatiques sur les systèmes agricoles.  

@crédits photos Christophe BUFFET

Gildas GUIDIGAN (chercheur et modélisateur) va relié ces données en utilisant le modèle APSIMx, (modèle agronomique informatique qui simule la croissance des cultures et leurs interactions avec le sol, le climat et les pratiques agricoles afin d’aider à prévoir les rendements) pour traduire  les données climatiques en impacts réels sur les cultures vivrières (igname, taro). Cela permet de cartographier les zones qui resteront cultivables de celles qui deviendront vulnérables et ainsi offrir des outils concrets, adaptés aux terrains, pour accompagner les stratégies d’adaptations agricoles et une gestion plus durable de l’eau.

 

Une adaptation par et pour les territoires du Pacifique Sud

Pour Séverine BOUARD, géographe et modératrice du panel, l’adaptation ne peut être unique, elle est à l’image de ceux qui la pratique. Chaque île à sa propre organisation sociale et politique. De ces cinq ans de travail un double constat émerge : une collaboration interdisciplinaire riche génère un volume énorme de connaissance, mais révèle aussi des lacunes et des défis démontrant qu’ils restent encore des données manquantes nécessaires à une modélisation fiable et juste.

Séverine BOUARD, modératrice du panel @crédits photos Christophe BUFFET

Les faaapu (jardins océaniens) de Tahiti : Un levier de résilience face au défi climatique- Stage de fin d’études Chloé DELBOVE

Stage de fin d’études réalisé par Chloé DELBOVE
Master : Écologie scientifique et sciences sociales (spécialisation : transformations et transitions socio-écologiques), Muséum National d’Histoire Naturelle, Paris.
Février-septembre 2025
Encadrantes : Maya LECLERCQ (IRD), Catherine Sabinot (IRD)
Tutrices académiques : Nelly Parés, sociologue, maître de conférences et codirectrice du Master 2, Anne-Caroline Prévot, écologue, Centre d’écologie et de sciences de la conservation (CESCO), Muséum National d’Histoire Naturelle.
Terrain : Tahiti, Polynésie française
Soutenance le 8 octobre 2025 au Muséum National d’Histoire Naturelle de Paris.

 

Résumé de l’article 

Et si la clé de la résilience climatique en Polynésie française ne se trouvait pas seulement dans les rapports techniques, mais au creux des mains de ceux qui travaillent la terre ? À l’heure où les territoires insulaires du Pacifique Sud font face à une vulnérabilité sans précédent (sécheresses, inondations, dépendance alimentaire), les faaapu, les jardins potagers polynésiens, émergent comme de véritables laboratoires d’innovation et de survie.

Faapu de la presqu’île de Tahiti, @crédits photos Chloé DELBOVE 

 

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Vanuatu, ces femmes qui (ré)ajustent les pratiques agricoles face au climat qui change- Stage de fin d’études réalisé par Ida PALENE

Femme dans son champ, @crédits photos Ida PALENE

 

Stage de fin d’études réalisé par Ida PALENE
ISTOM : École d’ingénieur en agro-développement international
Durée du stage : Février – Août 2025 
Encadrant(e)s :  Samson JEAN MARIE (IRD), Catherine SABINOT (IRD)
Terrain: Vanuatu
Soutenance :  23 octobre 2025 à l’ISTOM, Angers France, en présence  de Brice EBODE enseignant-chercheur en Géosciences et Environnement et Smaïl SLIMANI, expert hydrogéologue, et de l’équipe CLIPSSA de Nouméa en visio.

 

Ida pendant sa soutenance à Angers, @crédits photos Ida PALENE

 

Dans deux villages ruraux de l’archipel du Vanuatu, des agricultrices réinventent au quotidien les pratiques agricoles, les solidarités et les rôles de genre pour faire face aux bouleversements climatiques et sociaux. Une jeune ingénieure en agro-développement, Ida PALENE, est allée partager leur quotidien.

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CLIM’ A TABLE : Sensibiliser par le goût

Une histoire de bouchées sucrées et salées, saveur changement climatique

 Crédits: Caroline Agier Météo France

Le projet CLIPSSA (Climat du Pacifique, Savoirs Locaux et Stratégies d’Adaptation) en collaboration avec la section hôtellerie-restauration du Lycée d’application Auguste Escoffier et le Consortium pour la recherche et l’innovation (CRESICA) a coorganisé un cocktail innovant. Clim à table  met l’accent sur l’alimentation notamment les tubercules emblématiques du Pacifique Sud tels que l’igname, le taro ou la patate douce, au carrefour des enjeux des changements climatiques et de la gastronomie. Le point d’orgue de cette collaboration a vu le jour lors de l’inauguration de la Fête de la Science le jeudi 2 octobre 2025, de 18h00 à 20h00, au restaurant du lycée à Nouméa. CLIPSSA a nourri le cheminement des élèves de la section hôtellerie restauration du lycée Escoffier, entre réunion, échange et rencontre.

Les rencontres qui enrichissent

Pour alimenter leurs connaissances et leurs travaux, les élèves d’Escoffier ont bénéficié, en amont, de l’intervention des chercheurs du projet CLIPSSA dans leurs jardin d’agroforesterie au sein même de l’établissement. Une rencontre enrichissante où ils ont pu échanger avec les scientifiques, poser des questions sur leurs missions, leurs rôles au sein de CLIPSSA. L’occasion de bénéficier de leurs expertises et d’en savoir un peu plus sur les effets des changements climatiques. Une manière non seulement de rendre concrète la réalité de la recherche scientifique mais aussi de montrer qu’il y a des notions qu’ils connaissent déjà et dont certains d’entre eux font l’expérience quotidiennement (adaptation, résilience, travaux agricoles, pêche).

 

Rencontre  avec les chercheurs au jardin d’agroforesterie du lycée. Crédits: Caroline Agier, Météo France 

Un brin d’intelligence et un zeste de créativité

Cette édition 2025 de la Fête de la Science fût placée sous la thématique de l’intelligence, dans ses horizons les plus variés. L’ambassadeur de cette édition, Colin de la Higuera, chercheur et professeur à l’université de Nantes, titulaire de la chaire de l’UNESCO sur l’intelligence artificielle et la pédagogie, a fait son discours sur le maniement de cette dernière au service de la recherche et de l’apprentissage.

 

Crédits: Julien Mazzoni, Les Nouvelles Calédoniennes

De l’art culinaire

Cette intelligence s’est exprimée par un travail créatif de la part des élèves de CAP Hôtellerie et de Terminale BTS du lycée Escoffier. En effet, aidés de leurs professeurs, ils ont créé et servi un cocktail proposant six bouchées salées ( trois froides et trois chaudes) et six bouchées sucrées. Les ingrédients ont été choisis minutieusement selon leurs qualités gustatives, selon ce que cela peut évoquer au niveau des changement climatiques ( exemple: Feux de brousse et chaleurs extrêmes = croquette d’igname fumée au saucisson de cerf)

A l’art oratoire   

La créativité fut au rendez-vous, notamment avec du slam, puisque les élèves participant au projet Clim’ en vers ont pu clamer leurs pensées, toujours sur la même thématique. Cette discipline artistique se définit de deux manières : l’écriture du texte qui permet une liberté et une intimité avec les mots, et la déclamation par l’oralité. Axés autour de mini scénarios, ils se sont portés volontaires pour donner du rythme et une voix face à l’urgence du phénomène climatique. C’est un espace qui fut accordé aux élèves de seconde et de première de la section des sciences de l’hôtellerie et de la restauration.  L’implication des jeunes dans la recherche-action passe par la reconnaissance de leur créativité et l’usage du canal d’expression adéquat. L’intervention de l’équipe de CLIPSSA a été de donner les clés, le vocabulaire spécifique et de veiller à la cohérence avec la thématique abordée.

 Prestations des élèves. Crédits: Caroline Agier, Météo France

Ainsi, l’art, s’il peut être une échappatoire, se révèle un excellent vecteur de vulgarisation scientifique. La cuisine, le restaurant, la salle de classe, deviennent par l’intermédiaire du projet « Clim’à table » de véritables laboratoires et des exemples pour d’autres terrains d’expérimentation et de médiation scientifique, qui restent à explorer. C’est une approche qui contribue à la conscientisation sur les problèmes réels de la société et donc au développement et à la recherche. Les retours et acquis peuvent servir de piste de réflexion en matière de sensibilisation face aux changement climatique auprès des  jeunes générations.

 

VSC – Chargé d’appui à la recherche scientifique F/H

Catégorie:
Catégorie A (Cadre)

Poste ouvert aux :

Contractuels

Domaine / métier:

SCIENCE – BAP D : Sciences Humaines et Sociales – D2A41 – Ingénieur-e d’études en production, traitement, analyse de données et enquêtes

Etat du poste:

Vacant

CORPS:

VSC

BAP:

Non concerné

Intitulé du poste:

VSC – Chargé d’appui à la recherche scientifique F/H

Descriptif de l’employeur

 

L’IRD est un organisme de recherche public français pluridisciplinaire qui, depuis près de 80 ans, s’engage dans des partenariats équitables avec les pays du Sud et dans les Outre-mer français.

Acteur de l’agenda international pour le développement, ses priorités s’inscrivent dans la mise en œuvre des Objectifs de développement durable (ODD).

Ensemble, scientifiques et partenaires de l’Institut proposent des solutions concrètes pour répondre aux défis globaux auxquels les sociétés et la planète font face. Cette relation gagnante-gagnante fait de la science et de l’innovation des leviers majeurs du développement.

L’Institut est placé sous la double tutelle du ministère chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche et de celui chargé des Affaires Étrangères.

L’IRD en 230 secondes

Descriptif de la structure

 

L’UMR ESPACE-DEV vise à caractériser et à préparer les transitions pour une viabilité du système intégré société-environnement ». Elle s’organise en 3 pôles de compétences « Science des socio-écosystèmes et de leurs territoires », « Sciences des données et des modèles » et « Science de l’observation de la Terre ». Ancrée dans les sciences de la durabilité. Plusieurs projets de recherche interdisciplinaires sont portés ou co-portés par les chercheurs de l’UMR Espace-Dev. Deux projet moteurs co-portés par Catherine Sabinot et des collègues des sciences océaniques et des sciences du climat basés à Nouméa s’attachent à produire des recherches inter et transdisciplinaires qui se veulent utiles aux citoyens et aux politiques des territoires ultramarins du Pacifique (territoires français, Vanuatu, Fidji).

Le projet CLIPSSA allie les sciences du climat et les sciences humaines et sociales pour accompagner les territoires dans l’élaboration de plans d’adaptation face aux menaces du changement climatique, en s’intéressant en particulier aux impacts relatifs à l’agriculture.

Le projet MaHeWa qui s’intéresse aussi aux projections climatiques dans la région et se consacre pour sa part à l’analyse de la vulnérabilité des socio-écosystèmes face aux canicules marines.

Une mission attractive

 

Sous la responsabilité de Catherine Sabinot, chercheur à l’IRD, votre mission sera de venir en soutien aux chercheurs engagés dans ces travaux scientifiques répondant à des objectifs de développement durable en Outre-Mer et dans la région Pacifique, vous participerez activement aux communautés de savoirs Climat (Changement climatique), LEO (Littoral et Océan) et SyAD (Systèmes alimentaires durables).

Vos activités seront les suivantes :

  • Participer aux différents moments des projets, impliquant les chercheurs, les agents de terrain des collectivités, les agriculteurs et les pêcheurs et les décideurs afin de mieux comprendre les sociétés contemporaines et leurs problématiques en outremer en particulier.
  • Contribuer en appui à un chercheur de l’équipe aux enquêtes de terrain dans un ou des sites d’étude.
  • Contribuer au traitement et l’analyse des données collectées.
  • Contribuer à la rédaction des rapports de terrain.
  • Participer à la valorisation des résultats scientifiques (colloques et publications scientifiques ; ouverture vers les populations et dialogue science-société).

 Votre future équipe

 

Vous aurez l’opportunité de rencontrer une grande diversité de chercheurs et de métiers et pourrez ainsi expérimenter le dialogue interdisciplinaire et les interactions avec les institutions et collectivités en demande de résultats de recherche.

 

 

Le profil que nous recherchons

 

Vous avez développé les compétences suivantes :

  • Maîtrise des techniques d’enquêtes des sciences humaines et sociales (questionnaires, entretiens semi-directifs, observation participante).
  • Compétences analytiques, rédactionnelles et de synthèse.
  • Dans le cadre de vos déplacements sur le terrain, le permis de conduire est indispensable.
  • Anglais oral et écrit niveau B1-B2.

Vous faites preuves des qualités humaines suivantes : 

  • Dynamisme et rigueur.
  • Adaptabilité.
  • Capacité à travailler en équipe et en autonomie.
  • Goût pour le travail en équipe pluridisciplinaire et diversifiée socio-culturellement.

Une connaissance du contexte insulaire et océanien et/ou une expertise dans le domaine de l’étude des agrosystèmes et/ou de la pêche seront des plus.

 

Vous êtes titulaire d’un diplôme de niveau 7, master ou diplôme d’ingénieur dans les domaines suivants : Anthropologie, Géographie ou impliquant des approches interdisciplinaires.

Vos avantages en mission VSC

  • Indemnités mensuelles brutes : 2098,52 € (pour les volontaires dont la Nouvelle Calédonie n’est pas le lieu de résidence principale).
  • Indemnités exonérées de l’impôt sur le revenu.
  • Prise en charge du voyage et transport des bagages (Aller & Retour).
  • Assurance ISOS/HDI.

 

 

Localisation du poste

Localisation du poste:

Europe, France, TOM, Nouvelle Calédonie (988)

Ville d’affectation:

Nouméa

Télétravail possible:

Non

Management:

Non

Date de vacance de l’emploi:

01/12/2025

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