Clim’en Vers

Porté par l’IRD, Météo-France et l’AFD, le projet CLIPSSA (Climat du Pacifique, Savoirs locaux et Stratégies d’Adaptation), souhaite donner la parole à la jeune génération sur le changement climatique, en mêlant à la science l’art de l’écriture.
Le projet Clim’en Vers émane de cette volonté et a été conçu par Caroline AGIER, chargée d’affaires communication et numérique à la direction interrégionale de Météo-France en Nouvelle-Calédonie et Wallis-et-Futuna.
Il a pour but d’accompagner des élèves dans la création de textes en rapport avec les changements climatiques et l’adaptation à ces derniers, ainsi que de les exposer lors d’évènements pertinents, sous forme de panneaux. 

 

La transmission des connaissances sur le changement climatique

Pour débuter ce projet, Thomas ABINUN, ingénieur chargé d’études météo et climat à la direction interrégionale de Météo-France en Nouvelle-Calédonie et Wallis-et-Futuna, et Myriam VENDÉ-LECLERC, chargée de la stratégie d’adaptation climat au gouvernement de Nouvelle-Calédonie, ont exposé aux élèves les grandes lignes concernant les changements climatiques globaux, ainsi que les différentes façons de s’y adapter. Le mardi 6 mai 2025, deux classes du Lycée Escoffier à Nouméa ont assisté à cette présentation, coordonnée par leur professeure de sciences, Mme BERTRAND.

Séance d’introduction sur les changements climatiques au lycée Escoffier, 06/05/2025, ©Cléophée MONTIZON

Le choix des mots clés, l’écriture et la déclamation 

Pour la deuxième étape, celle de l’écriture, la classe de secondes de sciences et technologies de l’hôtellerie et de la restauration (STHR) s’est appliquée durant deux heures lors du cours de français de Mr MAFFAY, le jeudi 22 mai. Cet atelier d’écriture, animé par Georgina SIOREMU, artiste et alternante communication et médiation scientifique dans l’équipe CLIPSSA, a permis aux élèves de créer des textes engagés et sincères, tout en aiguisant leur sens du rythme grâce à une récitation finale. Leurs productions originales résultent de quatre mises en situations différentes : 

  • Écris une lettre à un proche qui vit à l’autre bout de la terre et qui ne connaît pas encore, ou peu, l’impact que peuvent avoir les changements climatiques. Prévient le.
  • Tu habites en bord de rivière, à cause des fortes pluies ta maison a été inondée, tu as dû déménager en haut de la montagne, décris ton sentiment.
  • Connais-tu la métaphore du Colibri, s’il pouvait parler, que dirait-il aux Hommes ?
  • Tu retrouves un ancien tuteur de stage quelques années plus tard, il est restaurateur et il te parle de sa difficulté à trouver de la matière première, surtout en igname, patate douce et taro, à cause des fortes sécheresses et fortes pluies. Tu rentres chez toi et tu écris ton ressenti dans un journal.

Séance de travail au lycée Escoffier, mai-juillet 2025, ©Caroline AGIER

 

Lors des ateliers d’écritures suivants, le mercredi 2 juillet et le mercredi 9 juillet, les élèves ont incorporé des figures de style et amélioré les tournures de certaines phrases afin de les rendre plus percutantes. Chaque groupe est ensuite passé à l’oral pour s’entraîner à clamer leur texte. 

 

Pour la classe des premières, le jeudi 3 juillet, les élèves ont eu la surprise de découvrir un nouvel intervenant, le slameur local et international Simane, accompagné de l’influenceur et présentateur TV Astro, ainsi que Passil, organisateur du Urban Films Festival. Ces derniers leurs ont transmis les bases du slam, sa définition, les valeurs et objectifs de cet art oratoire. En se servant d’une liste de verbes et d’un nuage de mots autour du thème de “l’environnement”, il a ensuite créé un slam en quelques minutes. Pour finir, Simane a partagé aux élèves de nombreux conseils pour apprendre à clamer leurs textes et à les rythmer. Les élèves ont ensuite assisté à plusieurs démonstrations de slam, de la part des différents intervenants. La deuxième heure à été consacrée à un atelier de rédaction, animé par Georgina SIOREMU, dans le but de mettre en lien la future profession de ces élèves en hôtellerie-restauration avec le projet CLIPSSA.

Séance de travail au lycée Escoffier, 03/07/2025, ©Caroline AGIER

 

Plusieurs sujets ont été transmis aux élèves afin qu’ils puissent s’en inspirer : 

  • Le menu de demain, cuisine en temps de crise : imaginez un restaurant en 2050, confronté aux pénuries alimentaires dûes au changement climatique. Comment s’adapter ? Quelles nouvelles recettes ? Quelle créativité ? 
  • Le lycée submergé, chronique d’un lieu englouti : Racontez l’histoire d’un lycée hôtelier situé sur une côte menacée par la montée des eaux. Que deviennent ses employés, ses clients, son histoire ?
  • Le banquet de la dernière chance : Vous organisez un repas symbolique pour sensibiliser au changement climatique. Que servir ? Qui inviter ? Quelle ambiance ? 
  • Carnet de bord d’un apprenti éco-responsable : Vous suivez un apprenti qui apprend à cuisiner et à servir en réduisant son impact environnemental. Tri, circuits courts, énergies, éthique…
  • Un monde sans saison : Imaginez un monde où les saisons ont disparu. Qu’est-ce qui peut changer dans l’organisation d’un restaurant et dans la composition des plats ? 

 

Les jeunes slameurs sont donc passés par les différentes phases nécessaires à la création de textes, à savoir le développement d’idées, la recherche du vocabulaire, la rédaction avec rimes, et l’incorporation de figures de styles. Le vendredi 4 juillet, les premières ont terminé leurs textes et rédigé au propre, avant de clamer cette version finale à l’oral. 

Les créations des élèves de premières et terminales  ont été exposées lors du Forum Calédonien du Changement Climatique du 22 juillet, organisé par le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, en partenariat avec l’UNC.

Exposition au Forum Calédonien du Changement Climatique, 22/07/2025, ©Caroline AGIER

 

Elles seront de nouveau mises en valeurs le 8 août, durant le Festival des Sciences-EDD organisé par le Vice-Rectorat et en octobre, lors de la Fête de la science organisé par le CRESICA.

Panneaux d’exposition Clim’en Vers, 07/2025, © Caroline Agier

Les écoliers néo-calédoniens s’impliquent dans le projet CLIPSSA

Au cours des dernières semaines, une classe de vingt élèves de CM2 de l’école primaire Marie Havet à Nouméa, accompagnée de leur enseignante Audrey Mazeron, sont devenus co-chercheurs à la croisée de trois projets de recherche : CLIPSSA, SOCPacific2R et MaHeWa sur les vagues de chaleur marines (WP3).

 

En dialogue avec des chercheurs impliqués dans les projets CLIPSSA et/ou MaHeWa (Catherine Sabinot, Elodie Fache, Annette Breckwoldt), des étudiants de l’Université de Nouvelle-Calédonie (Amandine Aiglehoux, Elijah Tenene, Reine Wadieno), Vanessa Montagnat de la Direction de l’enseignement pédagogique de Nouvelle-Calédonie, Florian Barthe de l’association Symbiose, et leur enseignante Audrey Mazeron, ces jeunes co-chercheurs ont défini deux consignes de dessin.

Ils ont ensuite proposé ces consignes aux autres CM2 de leur école, qu’ils ont également interrogés après la réalisation des dessins. L’analyse de ces créations a conduit ces jeunes co-chercheurs à ajuster leurs deux consignes, qui seront ensuite utilisées pour des ateliers de dessin dans les écoles primaires de La Foa et Thio :

  • Dessine ce qui pourrait arriver aux poissons et aux coraux, aux légumes et aux fruits, à cause du changement climatique.
  • Dessine ce que les pêcheurs et les agriculteurs peuvent faire pour avoir moins de problèmes même si la planète se réchauffe.

 

 

Les écoliers de La Foa et Thio, après avoir suivi les consignes données, ont à leur tour testé et ajusté une consigne de dessin axée sur les passes récifales, à laquelle les jeunes co-chercheurs de Nouméa ont répondu avec enthousiasme quelques jours plus tard en produisant chacun un dessin correspondant.

VSC – Chargé d’appui à la recherche scientifique F/H

Catégorie:
Catégorie A (Cadre)

Poste ouvert aux :

Contractuels

Domaine / métier:

SCIENCE – BAP D : Sciences Humaines et Sociales – D2A41 – Ingénieur-e d’études en production, traitement, analyse de données et enquêtes

Etat du poste:

Vacant

CORPS:

VSC

BAP:

Non concerné

Intitulé du poste:

VSC – Chargé d’appui à la recherche scientifique F/H

Descriptif de l’employeur

 

L’IRD est un organisme de recherche public français pluridisciplinaire qui, depuis près de 80 ans, s’engage dans des partenariats équitables avec les pays du Sud et dans les Outre-mer français.

Acteur de l’agenda international pour le développement, ses priorités s’inscrivent dans la mise en œuvre des Objectifs de développement durable (ODD).

Ensemble, scientifiques et partenaires de l’Institut proposent des solutions concrètes pour répondre aux défis globaux auxquels les sociétés et la planète font face. Cette relation gagnante-gagnante fait de la science et de l’innovation des leviers majeurs du développement.

L’Institut est placé sous la double tutelle du ministère chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche et de celui chargé des Affaires Étrangères.

L’IRD en 230 secondes

Descriptif de la structure

 

L’UMR ESPACE-DEV vise à caractériser et à préparer les transitions pour une viabilité du système intégré société-environnement ». Elle s’organise en 3 pôles de compétences « Science des socio-écosystèmes et de leurs territoires », « Sciences des données et des modèles » et « Science de l’observation de la Terre ». Ancrée dans les sciences de la durabilité. Plusieurs projets de recherche interdisciplinaires sont portés ou co-portés par les chercheurs de l’UMR Espace-Dev. Deux projet moteurs co-portés par Catherine Sabinot et des collègues des sciences océaniques et des sciences du climat basés à Nouméa s’attachent à produire des recherches inter et transdisciplinaires qui se veulent utiles aux citoyens et aux politiques des territoires ultramarins du Pacifique (territoires français, Vanuatu, Fidji).

Le projet CLIPSSA allie les sciences du climat et les sciences humaines et sociales pour accompagner les territoires dans l’élaboration de plans d’adaptation face aux menaces du changement climatique, en s’intéressant en particulier aux impacts relatifs à l’agriculture.

Le projet MaHeWa qui s’intéresse aussi aux projections climatiques dans la région et se consacre pour sa part à l’analyse de la vulnérabilité des socio-écosystèmes face aux canicules marines.

Une mission attractive

 

Sous la responsabilité de Catherine Sabinot, chercheur à l’IRD, votre mission sera de venir en soutien aux chercheurs engagés dans ces travaux scientifiques répondant à des objectifs de développement durable en Outre-Mer et dans la région Pacifique, vous participerez activement aux communautés de savoirs Climat (Changement climatique), LEO (Littoral et Océan) et SyAD (Systèmes alimentaires durables).

Vos activités seront les suivantes :

  • Participer aux différents moments des projets, impliquant les chercheurs, les agents de terrain des collectivités, les agriculteurs et les pêcheurs et les décideurs afin de mieux comprendre les sociétés contemporaines et leurs problématiques en outremer en particulier.
  • Contribuer en appui à un chercheur de l’équipe aux enquêtes de terrain dans un ou des sites d’étude.
  • Contribuer au traitement et l’analyse des données collectées.
  • Contribuer à la rédaction des rapports de terrain.
  • Participer à la valorisation des résultats scientifiques (colloques et publications scientifiques ; ouverture vers les populations et dialogue science-société).

 Votre future équipe

 

Vous aurez l’opportunité de rencontrer une grande diversité de chercheurs et de métiers et pourrez ainsi expérimenter le dialogue interdisciplinaire et les interactions avec les institutions et collectivités en demande de résultats de recherche.

 

 

Le profil que nous recherchons

 

Vous avez développé les compétences suivantes :

  • Maîtrise des techniques d’enquêtes des sciences humaines et sociales (questionnaires, entretiens semi-directifs, observation participante).
  • Compétences analytiques, rédactionnelles et de synthèse.
  • Dans le cadre de vos déplacements sur le terrain, le permis de conduire est indispensable.
  • Anglais oral et écrit niveau B1-B2.

Vous faites preuves des qualités humaines suivantes : 

  • Dynamisme et rigueur.
  • Adaptabilité.
  • Capacité à travailler en équipe et en autonomie.
  • Goût pour le travail en équipe pluridisciplinaire et diversifiée socio-culturellement.

Une connaissance du contexte insulaire et océanien et/ou une expertise dans le domaine de l’étude des agrosystèmes et/ou de la pêche seront des plus.

 

Vous êtes titulaire d’un diplôme de niveau 7, master ou diplôme d’ingénieur dans les domaines suivants : Anthropologie, Géographie ou impliquant des approches interdisciplinaires.

Vos avantages en mission VSC

  • Indemnités mensuelles brutes : 2098,52 € (pour les volontaires dont la Nouvelle Calédonie n’est pas le lieu de résidence principale).
  • Indemnités exonérées de l’impôt sur le revenu.
  • Prise en charge du voyage et transport des bagages (Aller & Retour).
  • Assurance ISOS/HDI.

 

 

Localisation du poste

Localisation du poste:

Europe, France, TOM, Nouvelle Calédonie (988)

Ville d’affectation:

Nouméa

Télétravail possible:

Non

Management:

Non

Date de vacance de l’emploi:

01/12/2025

Pour postuler veuillez consulter ce lien 

CLIPSSA à la rencontre du grand public

La conférence C’nature : quel futur climat pour la Nouvelle-Calédonie ? 

 

Christophe Menkès et Alexandre Peltier, respectivement climatologue et co-coordonnateur de CLIPSSA ; et météorologiste responsable climat à la direction interrégionale de Météo-France en Nouvelle-Calédonie et à Wallis-et-Futuna, ont présenté leur travail au public avec beaucoup de pédagogie lors de la conférence C’nature du 1er avril 2025. Cette conférence organisée à l’auditorium de la Province Sud par le CRESICA a réuni 110 participants.

Christophe Menkès à la conférence C’nature, 01/04/2025, © Cléophée Montizon

 

Le climat passé en Nouvelle-Calédonie 

Alexandre Peltier a présenté au public les méthodes de mesure des évolutions climatiques récentes en Nouvelle-Calédonie. Chaque jour, les météorologues contrôlent les relevés des stations de mesures de températures et de précipitations. Pour suivre l’évolution du climat, sur le long terme, il est nécessaire de disposer de données historiques. L’analyse de ces données démontre une hausse moyenne du climat calédonien de 1,3°C depuis 1965, ainsi qu’une augmentation de la fréquence des épisodes de vagues de fortes chaleur. 

Les précipitations, elles, varient sous l’effet de l’oscillation entre El Nino et La Nina, déterminante pour cette zone du Pacifique. En revanche, durant l’hiver austral, on remarque une diminution de ces précipitations de 11 millimètres par décennie entre 1955 et 2024.

En ce qui concerne l’activité cyclonique, il n’est pas possible d’établir de tendance significative pour le territoire de Nouvelle-Calédonie, du fait de l’absence de données historiques homogènes. Si ces données pourraient permettre d’observer l’évolution de ces phénomènes, les nombreuses avancées techniques ayant amélioré leur suivi au cours de la seconde moitié du 20e siècle rendent les informations à disposition trop hétérogènes.

 

Le climat futur en Nouvelle-Calédonie

Christophe Menkès a ensuite présenté les évolutions du climat attendues dans le futur

Le rapport du GIEC de 2022 montre une augmentation de la température de 1,4°C sur l’ensemble de la planète depuis la période 1850-1900. Pour simuler cette évolution climatique, de nombreux modèles de climat existent. A partir des données passées et présentes, les modèles projettent l’évolution des températures futures sur la planète, de 2015 à 2100. Ils fournissent aux climatologues un intervalle d’incertitude, un faisceau de possibilités futures. Il existe différents scénarios d’évolution, déterminés en fonction de la quantité d’émissions de gaz à effet de serre estimée. 

Après une explication précise du fonctionnement des simulations climatiques du GIEC, le co-coordonnateur du projet CLIPSSA a pointé leur manque de précision quant aux zones insulaires comme la Nouvelle-Calédonie. En effet, CLIPSSA permet de simuler les impacts des changements climatiques, loin d’être uniformes à l’échelle du globe, sur ce petit territoire, ainsi qu’au Vanuatu, Wallis-et-Futuna et en Polynésie française. 

Pour ce faire, il s’agit de régionaliser les modèles de climat, à savoir de les adapter à l’échelle de ces territoires. La plus fine échelle utilisée sera de 2,5 kilomètres, et permettra d’examiner le devenir des précipitations, des températures et des cyclones. Pour qu’une simulation climatique soit fiable, les chercheurs l’inscrivent dans un ensemble de 14 simulations. Cet ensemble prévoit une augmentation de la température en Nouvelle-Calédonie située entre +2,2°C et +3,5°C, avec une moyenne de +3°C, en 2100, et ce par rapport à la période 1981-2010.

Retrouvez la présentation en intégralité ci-dessous.

 

Pacifique en transition : regards croisés sur le climat

 

Quand les sciences humaines et sociales et les sciences du climat se rencontrent pour penser l’avenir de la production agricole dans le Pacifique Sud

Dans un contexte de bouleversements climatiques, les pratiques agricoles du Pacifique sont confrontées à de profondes mutations. La variabilité accrue du climat et les événements extrêmes, tels que les fortes pluies et les fortes sécheresses, mettent à rude épreuve les systèmes agroalimentaires locaux. Ces changements soulèvent des interrogations essentielles sur l’adaptation, la résilience et la transmission des savoirs agricoles. Pour médiatiser ces problématiques et rendre accessible leurs implications scientifiques, le projet CLIPSSA a réuni plus de 120 personnes dans l’auditorium de la Communauté du Pacifique Sud (CPS) à Nouméa, lors d’une soirée de médiation scientifique. Différents regards et témoignages se sont croisés autour des impacts des changements climatiques sur les territoires du Pacifique Sud. 

Soirée Pacifique en transition, grande salle de conférence de la CPS, 26/03/2025, © Jean Michel Boré

 

Des voix jeunes et engagées pour le climat

La soirée a débuté par une restitution émouvante : le ressenti de la jeunesse  calédonienne face au changement climatique. Au travers de dessins, les élèves de CM2 de l’école Marie Havet à Ouémo, de l’école Yvonne Lacourt de La Foa et du groupe scolaire de Thio ont partagé leur vision des changements climatiques. Une vidéo de présentation du projet a été diffusée. Cette séquence à mis en lumière une perception intergénérationnelle qui oscille entre espoirs et inquiétudes. 

« Il est essentiel que nous soyons impliqués dans les décisions qui concernent notre futur. (…) Nous voulons participer activement à l’élaboration des solutions » Dylan Leconte

Dans le sillage de cette ouverture, deux jeunes engagés pour la défense de leur patrimoine environnemental ont pris la parole avec éloquence. Leurs performances oratoires sont le reflet d’un attachement profond à leur territoire. Georgina Sioremu, étudiante en Bachelor de design graphique et web à l’École du Design de Nouméa, et Dylan Leconte, étudiant en classe préparatoire économique et commerciale au Lycée Dick Ukeiwe, ont affirmé leur volonté de s’impliquer dans les dynamiques de transformations sociales et climatiques, de s’inscrire dans une mouvance de transmission et de partage. 

« Je ne peux plus regarder ailleurs, ma mission m’attend de pied ferme. » (…) « Toutes et tous nous voyons les changements. » Georgina Sioremu

 

Georgina et Dylan devant l’affiche de la soirée, hall de la CPS, 26/03/2025, © Maeva Tesan 

Revivez leur prestation grâce à la captation vidéo et retrouvez leur texte en annexe de cet article. 

 

Croiser les disciplines pour mieux comprendre la réalité climatique

Un panel de chercheurs en sciences sociales et en climatologie est ensuite intervenu pour partager les travaux menés au sein de CLIPSSA. 

À travers un dialogue riche, Dakéga Ragatoa, postdoctorant modélisateur des impacts des changements climatiques sur l’agriculture et l’eau à l’IRD, et Jérémy Guerbette, ingénieur d’études à Météo-France à la Direction interrégionale de Polynésie Française, ont mis en lumière leurs rôles respectifs dans CLIPSSA et leurs premiers résultats. 

En effet, les simulations climatiques montrent les évolutions futures possibles de plusieurs variables, par exemple la température, le vent et les précipitations. Les modélisateurs peuvent par la suite simuler la réponse des plantes et des cultures agricoles face à ces changements

Les panélistes lors de la soirée, grande salle de conférence de la CPS, 26/03/2025, © Jean Michel Boré 

 

Côté sciences humaines et sociales, Maya Leclercq, anthropologue postdoctorante à l’IRD et Samson Jean Marie, doctorant en anthropologie et géographie à l’EDP-UNC (Ecole doctorale du Pacifique de l’Université de Nouvelle-Calédonie) et à l’IRD, ont présenté les stratégies d’adaptation développées par les communautés locales des quatre territoires. 

Par exemple, certains cultivateurs d’ignames et de taro à Futuna varient les distances entre les plantations chaque année, afin d’observer les changements produits sur le rendement. D’une autre façon, au sud de l’île d’Espiritu Santo au Vanuatu, des agriculteurs accompagnent la plantation des soft yam (variété d’igname) de patates douces dans le même champ pour se prémunir des dégâts liés à d’éventuels cyclones. Les anthropologues ont évoqué les limites auxquelles se heurtent ces stratégies, mais aussi les ressources culturelles et sociales mobilisées pour faire face aux nouvelles contraintes climatiques

Le projet CLIPSSA vise à transmettre ces analyses scientifiques aux institutions afin d’orienter les politiques publiques vers des plans d’adaptation nourris par les réalités de terrain

 

En plus d’interagir directement avec les panélistes lors d’une séance de questions-réponses, le public a partagé son vécu quant aux pratiques agricoles. Les participants aux différents sondages ont fait part de leurs expériences liées aux aléas climatiques. A l’issue de la conférence, le public a déclaré se sentir “inspiré” et “plein d’espoir”

Captures d’écran et photographies des sondages lors de la soirée, grande salle de conférence de la CPS, 26/03/2025, © Cléophée Montizon

 

La projection d’extraits du documentaire Un paradis en péril, réalisé en 2022 par Jacques-Olivier TROMPAS (JADA Productions) en coproduction avec l’IRD, a clôturé la soirée. L’équipe-projet CLIPSSA a participé au film par des interviews sur l’étude des impacts des changements climatiques et la transmission des résultats scientifiques aux politiques publiques et aux collectivités. 

 

Vers un futur partagé

En croisant regards scientifiques et témoignages citoyens, Pacifique en transition a permis de mieux comprendre les multiples facettes des défis climatiques dans la région. Un événement qui, au-delà de la sensibilisation, ouvre des perspectives de dialogue et de coopération entre chercheurs, citoyens et institutions, pour construire ensemble des réponses durables, résilientes et ancrées dans les réalités locales

Les intervenants de la soirée devant l’affiche, hall de la CPS, 26/03/2025, © Maeva Tesan

Cette soirée est à revivre intégralement via la captation ci-dessous.

 

Annexes :

 

Quel futur climat pour la Nouvelle Calédonie ?

Pacifique en transition : regards croisés sur le climat

Retour sur la semaine CLIPSSA “Comprendre, vulgariser et communiquer sur le changement climatique”

Un évènement de grande ampleur pour rassembler toutes les parties prenantes 

A l’occasion du workshop scientifique et technique « Comprendre, vulgariser et communiquer sur le changement climatique », CLIPSSA a réuni de nombreux acteurs durant la semaine du 21 au 27 mars 2025, au centre IRD de Nouméa et à la Communauté du Pacifique Sud (CPS). 

L’IRD, Météo-France et l’Agence française de développement, en partenariat avec l’Institut agronomique calédonien (IAC), et l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (INRAE) étaient présents pour accueillir la direction de l’agriculture de Polynésie française, le service de l’agriculture et des pêches de Wallis-et-Futuna, ainsi que le conseil consultatif national (NAB), le ministère de l’agriculture et le département de météorologie et des géorisques (VMGD) du Vanuatu, mais aussi, pour la Nouvelle-Calédonie, le cabinet de Jérémie Katidjo Monnier, la Province Nord, la Province Sud, la Province des Iles, la direction des affaires vétérinaires alimentaires et rurales (DAVAR), la chambre d’agriculture et de la pêche, la direction des affaires sanitaires et sociales (DASS), l’ADECAL Technopole, Data Terra Océanie, Bio eKo consultants

Photo de groupe des participants, 25 mars 2025, © IRD – Jean-Michel Boré

Equipe CLIPSSA, 21 mars 2025, © IRD – Pascal Dumas

Des données inédites ont été présentées, permettant de nourrir la co-construction de solutions face à l’évolution du climat du Pacifique, entre scientifiques, politiques publiques et grand public.

 

Des échanges scientifiques favorisant la cohésion et la synergie 

Lors des journées scientifiques des vendredi 21 et lundi 24 mars au centre IRD de Nouméa, les chercheurs en sciences du climat et en sciences humaines et sociales se sont réunis afin de présenter leurs avancées et de favoriser l’interdisciplinarité

Journées scientifiques à l’IRD, 21 et 24 mars 2025, © IRD – Jean-Michel Boré

La communauté scientifique CLIPSSA a pu partager son travail ainsi que ses interrogations quant aux thématiques inhérentes au projet. Les invités ont assisté aux présentations des postdoctorants, ingénieurs et chercheurs en simulations climatiques concernant les modèles utilisés (ALADIN, modélisation à 20km et AROME, modélisation à 2,5km), ainsi que les tendances climatiques futures et leurs impacts sur l’agriculture et la gestion de la ressource en eau sur les quatre territoires concernés (Nouvelle-Calédonie, Vanuatu, Wallis-et-Futuna et Polynésie française). 

 

Des ateliers collaboratifs pour accompagner et soutenir les politiques publiques

CLIPSSA a réuni les parties prenantes des quatre territoires pour permettre à la communauté scientifique et aux acteurs des politiques publiques de partager les objectifs d’adaptation aux impacts des changements climatiques, les besoins induits, et de s’aligner sur les solutions envisageables.

L’aire coutumière de Drubea-Kapumë et Jérémie Katidjo Monnier ont ouvert ces journées collaboratives lors de la coutume du mardi matin. Le membre du gouvernement en charge de la transition écologique a ensuite prononcé un discours de bienvenue, suivi du directeur de l’Agence française de développement en Nouvelle-Calédonie, Thomas de Gubernatis, et des coordonnateurs scientifiques du projet CLIPSSA, Christophe Menkès et Catherine Sabinot. 

Coutume et ateliers collaboratifs à la CPS, 25 et 26 mars 2025, © IRD – Jean-Michel Boré

L’INRAE a accompagné l’équipe CLIPSSA pour modéliser collectivement les processus de décision et d’action, aux niveaux des agriculteurs, des collectifs agricoles et des institutions compétentes, sur plusieurs échelles temporelles, et pour les quatre territoires concernés. Il s’agissait ensuite de réfléchir sur la vulnérabilité et les chemins d’adaptation des acteurs, puis de requalifier leurs besoins. C’est en regard de ces besoins et par rapport aux enjeux de vulnérabilités futures que les produits scientifiques du projet ont été discutés et seront adaptés. Ces ateliers de travail ont permis de préparer le soutien à la planification des stratégies d’adaptation par les pouvoirs publics et les acteurs de terrain des quatre territoires.

 

Pacifique en transition : regards croisés sur le climat

Dans une optique de vulgarisation scientifique à destination du grand public, CLIPSSA a organisé une soirée de médiation le mercredi 26 mars, avec le soutien de la Communauté du Pacifique Sud (CPS). De la jeunesse calédonienne aux scientifiques, du dessin au documentaire, différents regards et témoignages autour des impacts du changement climatique sur les territoires du Pacifique se sont rejoints. 

Soirée de médiation à la CPS, 26 mars 2025, © IRD – Jean-Michel Boré

Les chercheurs et doctorants en sciences humaines et sociales (Maya Leclercq, anthropologue à l’IRD, Samson Jean Marie, doctorant en anthropologie et géographie à l’Ecole Doctorale du Pacifique de l’Université de Nouvelle-Calédonie et à l’IRD) ainsi que les chercheurs et ingénieurs issus des sciences du climat (Dakéga Ragatoa, modélisateur nexus climat/agriculture/eau et Jérémy Guerbette, ingénieur d’études à la Direction interrégionale de Météo-France en Polynésie Française) ont présenté leurs résultats scientifiques. Plus de 120 personnes se sont réunies pour écouter ces intervenants, mais aussi les discours d’éloquence de Georgina Sioremu, étudiante en Bachelor de design graphique et web à l’École du Design à Nouméa, et de Dylan Leconte, étudiant en CPGE ECG au Lycée Dick Ukeiwe. Retrouvez prochainement un article dédié sur la page Actualités CLIPSSA. 

 

Revivez l’intégralité de la soirée ci-dessous.

Captation de la soirée, 26 mars 2025, © AK studios

 

Le comité de pilotage CLIPSSA 

Pour clôturer cet évènement, les points focaux institutionnels, techniques, les partenaires du projet et la communauté scientifique se sont réunis lors d’un comité de pilotage. Cette ultime matinée était dédiée à rappeler les points d’avancée de 2024 et les freins rencontrés, puis synthétiser les premiers résultats scientifiques et les méthodes de restitution, et enfin conduire les perspectives de l’année 2026. 

Comité de pilotage CLIPSSA, 27 mars 2025, © IRD – Pauline Pobès

 

La présence médiatique 

Lors de cette semaine rythmée, CLIPSSA a renforcé sa visibilité médiatique à travers des interviews données par les chercheurs du projet, notamment Christophe Menkès et Gildas Guidiguan pour la radio Djiido, mais aussi Jérémy Guerbette pour la chaîne Caledonia. La revue de presse complète est disponible dans la rubrique Documentation et au bas de cette page. 

 

La conférence C’nature : quel futur climat pour la Nouvelle-Calédonie ? 

Les chercheurs du projet de recherche-action ont poursuivi les échanges et les présentations à destination du grand public à l’auditorium de la Province Sud, lors de la conférence C’nature du jeudi 1er avril 2025, organisée par le CRESICA

Christophe Menkès à la Conférence C’Nature, 1er avril 2025

Le climatologue et co-porteur du projet, Christophe Menkès et le météorologiste et responsable climat Alexandre Peltier ont présenté les modèles de climat et les méthodes de simulations climatiques utilisées dans le cadre du projet CLIPSSA, ainsi que les différents scénarios d’augmentation des températures dans le futur. Retrouvez prochainement un article dédié sur la page Actualités

 

Retrouvez cette conférence passionnante en intégralité ci-dessous.

Captation de la conférence, 1er avril 2025, © Jean-Michel Boré

 

Pour aller plus loin :

Offre de contrat d’apprentissage 1 an – Chargé(e) de projet « Communication & culture scientifique » – projet CLIPSSA

CLIPSSA propose un contrat d’alternance en communication & médiation scientifique de 1 an au centre IRD de Nouméa en Nouvelle-Calédonie.

La date limite de candidature est fixée au 5 mars 2025 et les entretiens auront lieu entre le 6 et le 12 mars 2025. La date de démarrage du stage est prévue à compter du 1er avril.

 

L’offre complète est disponible sur ce lien !

Comment les agriculteurs de Nouvelle-Calédonie articulent savoirs scientifiques et traditionnels pour s’adapter aux sécheresses et aux fortes pluies : les recherches de Luc Merlaud

Stages réalisés par Luc Merlaud

Master Transitions Ecologiques – Sciences Po Grenoble

2023 et 2024

Sous la direction de Catherine Sabinot et Samson Jean Marie (IRD)
Tuteur Sciences Po : Arnaud Buchs

 

En Nouvelle-Calédonie, où le changement climatique amplifie les phénomènes météorologiques extrêmes comme les sécheresses et les fortes pluies, les agriculteurs doivent innover pour préserver leurs cultures et garantir leur subsistance. Luc Merlaud, étudiant de Sciences Po Grenoble, a consacré deux stages de recherche en 2023 et 2024, à explorer comment ces agriculteurs combinent savoirs scientifiques et traditionnels pour s’adapter à ces défis croissants.

 

Deux stages au cœur des communautés locales et des institutions

Accueilli à l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD), Luc Merlaud a mené des recherches de terrain en Nouvelle-Calédonie dans le cadre du projet CLIPSSA (Climat du Pacifique, Savoirs Locaux et Stratégie d’Adaptation), encadré par les chercheurs. Ces stages réalisés en 2023 et 2024, respectivement de cinq et quatre mois, ont permis des échanges approfondis avec des partenaires tels que l’Agence Française de Développement (AFD), Météo-France, l’Institut Agronomique Calédonien (IAC), ainsi que les communautés locales et les autorités coutumières. Ces travaux s’inscrivent dans le cadre de la thèse de doctorat de Samson Jean Marie, qui a co-encadré le stage de M2 de Luc Merlaud avec Catherine Sabinot, visant spécifiquement à comprendre la manière dont les agriculteurs combinent une diversité de savoirs pour s’adapter aux perturbations climatiques.

 

Une agriculture diversifiée et exposée

L’agriculture, sélectionnée comme secteur prioritaire par le projet CLIPSSA, se distingue par sa diversité culturale et variétale, qui entre dans la composition du champ. De plus, elle conjugue des logiques commerciales, vivrières et culturelles, reflétant une variété d’objectifs et de pratiques agricoles. Ces systèmes hybrides s’appuient sur des savoirs locaux, transmis de génération en génération ou partagés au sein des communautés. Ils intègrent également des connaissances scientifiques récentes, telles que les bulletins météorologiques, les données issues des centres de recherche, ou encore les informations fournies par des instruments modernes que les agriculteurs intègrent dans leur système de production agricole.

Déjà exposée aux aléas climatiques, l’agriculture calédonienne est de plus en plus vulnérable en raison de l’intensification des phénomènes météorologiques extrêmes. Cette vulnérabilité est exacerbée par l’influence de l’Oscillation Australe d’El Niño (ENSO), qui alterne entre des phases El Niño, marquées par des sécheresses sévères, et des phases La Niña, caractérisées par des précipitations excessives. Ces cycles climatiques, devenus plus imprévisibles et extrêmes sous l’effet du changement climatique, perturbent considérablement les systèmes agricoles locaux, entraînant des pertes de récoltes et des difficultés accrues pour les agriculteurs à planifier leurs activités. Face à ces défis, il devient crucial de mieux caractériser les enjeux actuels auxquels font face les agriculteurs, afin de concevoir des stratégies d’adaptation ajustées aux exigences locales.

L’étude s’est intéressée prioritairement à deux systèmes de cultures, intégrant majoritairement l’igname et le taro, deux tubercules essentiels pour la population calédonienne. Leurs besoins en eau opposés – l’igname nécessitant un climat sec et le taro un climat humide – en font des indicateurs particulièrement sensibles aux variations du régime des pluies. Ces cultures ont été étudiées dans deux sites, sur la côte Est et la côte Ouest, où coexistent des modèles agricoles variés (mécanisés, traditionnels, vivriers ou commerciaux).

 

Agriculteur à Canala, février 2024, Samson Jean Marie

 

Une approche collaborative et qualitative

L’étude a débuté par la mobilisation de la littérature sur les savoirs écologiques, la transmission des savoirs agricoles et les perceptions du changement climatique en Océanie. Luc Merlaud a également analysé les données d’entretiens précédemment collectées par les scientifiques du projet CLIPSSA, et celles recueillies auprès des agriculteurs et d’autres acteurs locaux.

Différentes phases de terrain ont été menées au cours de l’étude. Une première phase exploratoire s’est déroulée dans les communes de Canala et La Foa, permettant de dresser un panorama initial des dynamiques agricoles. En juin 2023, une ethnographie a été réalisée dans la tribu de Koh, offrant une immersion au cœur des savoirs traditionnels et des pratiques communautaires. Enfin, en 2024, une immersion participative dans une exploitation de production de tubercules tropicaux à La Foa a permis d’observer de manière concrète les techniques culturales, les adaptations mises en œuvre face aux aléas climatiques, ainsi que l’intégration des savoirs scientifiques et locaux dans la gestion quotidienne des cultures.

Les entretiens et observations ont été retranscrits et analysés à l’aide d’outils qualitatifs comme Rqda, et complétés par des historiques climatiques détaillés pour contextualiser les phénomènes évoqués.

 

Quand la science et la tradition façonnent les choix agricoles

Dans les champs, les décisions agricoles naissent souvent d’un subtil dialogue entre savoirs traditionnels et données scientifiques. Dans ce travail, il a été constaté que ces interactions se révèlent parfois dans la prise de décision agricole, où les indicateurs écologiques issus de l’observation de l’environnement se conjuguent avec les données scientifiques pour guider les pratiques des agriculteurs. Illustration frappante : un agriculteur, alerté par une annonce à la radio prédisant un épisode El Niño, s’est tourné vers les roseaux Phragmites australis, poussant près de ses cultures. Anormalement enroulées sur elles mêmes et parfois desséchées, les feuilles de ces plantes, qu’il perçoit comme des sentinelles naturelles annonçant la sécheresse, ont confirmé la menace évoquée par les experts. Rassuré par cette concordance entre science et nature, il a ajusté ses cultures, anticipant une période de sécheresse avec des mesures adaptées pour minimiser les pertes.

Il a également été identifié que les migrations professionnelles des populations entre la côte Est et la côte Ouest favorisent une dynamique d’échange de savoirs agricoles. Sur les exploitations mécanisées de la côte Ouest, des travailleurs agricoles enquêtés, originaires de la côte Est et de la tribu de Coindé, affirment acquérir des techniques modernes, telles que l’irrigation ou la gestion des maladies, qu’ils adaptent ensuite aux contraintes hydriques et phytosanitaires de leurs territoires d’origine. En retour, les exploitants de la côte Ouest bénéficient du savoir-faire traditionnel de leurs employés, notamment pour les cultures d’igname et de taro, essentielles face aux aléas climatiques. Ce brassage entre modernité et traditions tisse un réseau d’apprentissage mutuel, contribuant à l’adaptation des pratiques agricoles face à la vulnérabilité climatique des exploitations.

« C’est plus sec ici, et moi je n’utilise pas d’engrais, ça ne pousse pas pareil. J’ai donc donné ces variétés de taro [taro dit de montagne] à [mon employeur]. Parfois, [mon employeur] vient avec des machines pour labourer mon champ et construire des billons pour que je puisse cultiver mes ignames. »

Agricultrice à la Foa, entretien réalisé en avril 2024

Les pratiques traditionnelles héritées des années 1970, comme le paillage ou l’utilisation de systèmes d’irrigation en bambou, côtoient des équipements sophistiqués tels que des sondes d’humidité et des stations connectées dans les champs. Ces dispositifs, comme ceux utilisés par un agriculteur interrogé à la Foa, permettent un contrôle précis de l’irrigation en croisant des indicateurs sensoriels et numériques.

« Je regarde par exemple l’état des feuilles, leur couleur, pour savoir si elles manquent d’eau, en plus des données fournies par mes sondes. J’enfonce également mon doigt dans le sol près de quelques taros choisis au pif pour sentir l’humidité. Après avoir vérifié tout ça, je décide s’il est nécessaire d’arroser ou non. »

Agriculteur à la Foa, entretien réalisé en avril 2024

Cependant, l’intégration des savoirs scientifiques dans les pratiques agricoles rencontre des limites. Certaines recommandations agronomiques, diffusées par des techniciens ou les médias, ne sont pas toujours adaptées au contexte local, soit en raison de contraintes économiques, politiques, soit par volonté de préserver des systèmes de culture dits « traditionnels ». Cette inadéquation souligne la nécessité d’un dialogue renforcé entre les chercheurs, les techniciens agricoles et les agriculteurs pour développer des solutions plus pertinentes et accessibles.

 

Vers une approche élargie des stratégies d’adaptation calédoniennes

Ce travail de recherche rend compte de l’importance de l’articulation des savoirs traditionnels et scientifiques dans le renforcement de l’adaptation des pratiques agricoles en Nouvelle-Calédonie, face aux contraintes climatiques. Si ces échanges favorisent l’innovation, des obstacles subsistent, notamment dans l’appropriation des recommandations scientifiques parfois inadaptées aux réalités locales. Un dialogue approfondi entre chercheurs, techniciens et agriculteurs est indispensable pour coconstruire des solutions accessibles et durables, dynamique que le projet CLIPSSA ambitionne de favoriser.

 

Retrouvez les mémoires et présentations de soutenances de Luc Merlaud en cliquant sur ces liens :

Ressources d’apprentissage et de transmission de savoirs et savoir-faire agricoles locaux

 Stage de fin d’études réalisé par Marie-Amélie RICHEZ

ISTOM – Ecole d’agro-développement international
Avril – août 2024
Encadrantes : Catherine Sabinot (IRD), Maya Leclercq (IRD)

 

Elle a soutenu son mémoire de fin d’études le 17 octobre 2024 devant l’équipe du jury de l’ISTOM, des élèves de la même école ainsi que ses encadrantes. Marie-Amélie a également participé à l’animation de 2 restitutions auprès des parties prenantes (agriculteur·ices et acteur·ices institutionnel·les) du projet CLIPSSA à Tahiti.

 

Résumé mémoire

Dans un contexte de changement climatique, les îles du Pacifique, dont fait partie la Polynésie Française, font face à des phénomènes atmosphériques parfois extrêmes impactant divers secteurs, dont l’agriculture. Le projet CLIPSSA, auquel est intégré ce mémoire, se penche d’une part sur la production de données scientifiques inédites sur le climat futur du Pacifique Sud, et d’autre part sur l’analyse des impacts sectoriels, afin d’accompagner les stratégies d’adaptation au changement climatique portées par les pouvoirs publics.

Le mémoire porte sur les ressources que mobilisent les agriculteur·ices du plateau de Taravao afin d’apprendre et/ou de transmettre leurs savoirs et savoir-faire agricoles dans un contexte de changement climatique. Les résultats montrent qu’il existe une diversité de ressources matérielles comme immatérielles mobilisées par les agriculteur·ices.

De la mobilisation de ces ressources résultent divers apprentissages qui, dans certains cas, permettent aux agriculteur·ices de trouver des solutions adaptées à leurs contraintes dont les impacts des phénomènes  météorologiques extrêmes touchant le plateau de Taravao. Ces « savoirs locaux » sont des ressources essentielles sur lesquelles appuyer les stratégies d’adaptation au changement climatique actuelles et à venir.

Contexte de l’étude

La Polynésie française, située au cœur de l’Océan Pacifique, fait face à des défis socio- économiques et environnementaux importants, notamment dans le secteur tertiaire. Son économie est en partie tributaire des transferts financiers de l’État français, et le secteur agricole, bien que modeste en termes de contribution au PIB, joue un rôle crucial pour la sécurité alimentaire du territoire. La superficie cultivée est faible, seuls 9% des terres émergées sont cultivées, soit environ 40 000 ha de surface agricole utile (SAU) (Dubreu et al., 2024) .

Outre la faible proportion de terres cultivables, le déclin de la main-d’œuvre agricole, ainsi que la complexité foncière, notamment liée à l’indivision des terres et à l’accès au foncier, posent des obstacles à l’expansion de l’agriculture locale. S’ajoutent aux contraintes socio-économiques précitées, des contraintes environnementales parmi lesquelles les impacts du changement climatique qui pèsent sur l’agriculture.
A Taravao, commune de Tahiti, les agriculteur·ices produisent une diversité de légumes, de tubercules et de fleurs.

Bien que les productions maraîchères y soient majoritaires, l’étude présentée s’intéresse également à la production de vanille et de taro, un tubercule tropical, respectivement pour la sensibilité des fleurs de vanille et la résistance des taros à certains phénomènes ponctuant ou régissant le quotidien de l’île. Pour assurer la productivité de leurs champs, les agriculteur·ices mettent en place des pratiques, les adaptent et les réajustent au fil du temps, des contraintes rencontrées, etc. Cette adaptation est alimentée par un processus d’apprentissage et de transmission de savoirs et savoir-faire locaux auquel nous nous intéressons.

Principaux résultats

Les rencontres et échanges avec 22 agriculteur·ices organisés sur deux mois et demi de terrain ont permis la collecte d’informations quant aux ressources d’apprentissage et de transmission de savoirs et savoir-faire agricoles locaux qu’il·elles mobilisent. On y compte des ressources immatérielles et matérielles.

– Les ressources immatérielles sont vectrices d’informations et donc de savoirs et de savoir-faire. C’est par l’intermédiaire de ces ressources que s’exerce la circulation d’une ou plusieurs informations. On y compte le réseau humain (familial, professionnel et amical), les Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) et autres supports d’information (magazines, thèse, etc.), les groupes spécialisés type association, etc. et les formations diplômantes. Enfin, l’empirisme, ou l’expérience de la pratique, apparaît comme ressource essentielle à l’apprentissage d’un savoir et d’un savoir-faire.

– Les ressources matérielles sont des ressources physiques qui permettent la mise en place d’un changement de pratique en tant qu’elles rendent possible l’application d’une solution (ex : le tracteur et ses accessoires pour un travail du sol mécanisé, système d’irrigation pour l’alimentation hydrique des cultures, etc.). On y compte divers intrants qui dépendent de l’activité exercée, comme le matériel agricole (ex : serres, tracteurs, systèmes d’irrigation, etc.), les intrants chimiques et naturels c’est-à-dire engrais, pesticides, herbicides, etc. et enfin la ressource en eau.

La mobilisation quotidienne ou ponctuelle de ces ressources participe à la mise en place de nouvelles pratiques agricoles par les agriculteur·ices rencontré·es sur le plateau de Taravao. Parmi les pratiques mises en place, plusieurs ont pour objectif de palier, en partie, à des contraintes d’ordre météorologique. En effet, les agriculteur·ices rencontré·es témoignent devoir faire face à l’impact des fortes pluies, à des périodes de faibles précipitations accompagnées de fortes chaleurs ressenties ou encore au décalage des saisons avec une arrivée de la saison fraîche plus tardive.

Quelles pratiques sont mises en place pour palier à ces contraintes ?

Exemple des serres pour minimiser les impacts des fortes pluies

Les pluies sont parmi les phénomènes atmosphériques impactant les cultures les plus cités par les agriculteur‧ices. Celles-ci causent des impacts d’envergure notamment sur les cultures maraîchères et de vanille du fait de leur intensité ou leur durée. Dans le secteur maraîcher, un épisode pluvieux prolongé peut parfois compromettre partiellement ou totalement les récoltes, en fonction de la sensibilité des cultures aux excès d’eau. Les pluies représentent également une menace pour la production de gousses de vanille due à la fragilité de leurs fleurs. Sous l’effet des pluies, le pollen fond et la pollinisation manuelle des fleurs devient impossible. Sans pollinisation aucune gousse de vanille ne sera produite. Lors des pluies, ce sont autant de gousses perdues que de fleurs non pollinisées. Enfin, au travers des discours des agriculteur‧ices, le taro n’apparaît pas comme une production particulièrement sensible aux pluies en comparaison avec les légumes maraîchers et la vanille ; bien que la sensibilité des taros à l’humidité diffère selon les variétés.

Les agriculteur·ices et vaniliculteur·ices rencontré‧es à Taravao mettent en place diverses solutions d’adaptation parmi lesquelles l’installation de serres. Les serres permettent de protéger les récoltes de l’impact direct des pluies en fournissant une couverture étanche. En s’affranchissant de la contrainte pluie, il est possible pour les agriculteur‧ices maraîcher‧ères d’étendre la période de production de certaines productions notamment la tomate dont la culture est prolongée sur la saison chaude, une saison pluvieuse (été austral de novembre à avril).

Cela permet alors d’assurer un revenu financier sur cette période : « Taravao est renommé pour être une zone très pluviale. Il pleut beaucoup, beaucoup. Du coup, en saison des pluies, on n’arrive pas à faire pousser des légumes parce qu’il pleut trop. Tous ceux qui sont en plein champ comme ça, quand ils ont des pluies, ils ont plus de légumes. Du coup, nous, on a mis des serres pour pouvoir combler ce manque. Et voilà, nous, en saison des pluies, on peut quand même produire ». (Maraîcher, 30 35 ans). Notons néanmoins que l’installation d’une serre représente un investissement que tou‧tes ne sont pas en mesure de couvrir. Le capital financier dont dispose l’agriculteur‧ice en question peut de ce fait agir comme condition limitante à la mise en place d’une telle solution.

 

Conclusion

Outre l’exemple présenté ci-dessus, l’étude menée à Taravo a permis de mettre en avant des ressources a priori couramment mobilisées telles que la famille ou encore, pour une minorité d’agriculteur‧ices, les groupes spécialisés. Ces ressources permettent parfois la modification de pratiques agricoles pour pallier diverses contraintes.

Par exemple, la contrainte économique pousse certain‧es producteur‧ices de taro à délaisser les pratiques culturales de leurs aïeux (mobilisation du calendrier lunaire, utilisation d’outils mécaniques) au profit de méthodes moins énergivores et chronophages permettant ainsi la rentabilité de la culture. La contrainte économique n’est pas seule à peser sur l’agriculture. En effet, bien que les phénomènes atmosphériques extrêmes ne soient pas au cœur des discours et préoccupations des agriculteur‧ices, leurs impacts sont réels et constatés.

Il est clair que les agriculteur‧ices mettent en place diverses stratégies et tactiques permettant de pallier, du moins d’atténuer, certains impacts des phénomènes atmosphériques extrêmes. L’adoption de nouvelles pratiques est cependant conditionnée par divers facteurs dont le facteur économique qui freine les investissements matériels possibles. Enfin, notons qu’il s’agit bien de l’ensemble des pratiques des agriculteur‧ices qui permet d’atténuer les effets des phénomènes atmosphériques.

Analyser les modalités d’adaptation de ces pratiques dans le cadre de ce mémoire permet de nourrir le projet CLIPSSA, qui a vocation, dans les étapes suivantes, à co-construire avec les politiques publiques locales des stratégies d’accompagnement à l’adaptation au changement climatique, en se basant à la fois sur les simulations climatiques en cours et sur les connaissances locales.

Retrouvez le mémoire de Marie-Amélie Richez ainsi que sa présentation en suivant ces liens.

Intégration des jeunes dans les processus de consultations et d’élaboration de la stratégie d’adaptation au changement climatique en Nouvelle-Calédonie

Stage à temps partiel réalisé par Ilona Da Cruz Gerngross

 

Université de Nouvelle-Calédonie

Avril à Juin 2024

Encadrante : Fleur Vallet (IRD)

L’objet de ce stage était d’analyser et proposer des pistes d’amélioration pour l’intégration des jeunes dans les processus de consultations et d’élaboration de la stratégie pays d’adaptation au changement climatique en Nouvelle-Calédonie.

Cette étude traite dans un premier temps du contexte local du changement climatique, du contexte politique dans ce domaine, puis de la place des jeunes à la fois dans les enjeux climatiques et dans la société néo-calédonienne.

 

Contexte

 

La question du changement climatique occupe désormais une place centrale dans les débats mondiaux, engageant des réflexions sur son impact multidimensionnel. Les jeunes sont encore souvent exclus des débats publics, perçus comme manquant de connaissances, de la réflexion, de l’expérience ou des idées nécessaires pour jouer un rôle légitime en société. Cependant, leur intégration revêt des enjeux cruciaux, les jeunes étant à la fois les plus exposés aux changements climatiques futurs et les leaders de demain, avec des vulnérabilités et forces diverses qu’il est important de considérer pour soutenir une adaptation juste et pertinente.

 

Dans le cadre international autour de l’adaptation au changement climatique, les pays élaborent des stratégies pour répondre de manière ciblée à des besoins d’adaptation pensés pour le contexte local. Située dans le Pacifique Sud, une région où les vulnérabilités au changement climatique sont exacerbées par des facteurs géographiques et socio-économiques, la Nouvelle-Calédonie est menacée par des conséquences qui demeurent sur certains points insuffisamment connues, tant par l’ensemble de la population que par la communauté scientifique.

Dans le contexte complexe de la Nouvelle-Calédonie, le Gouvernement de Nouvelle-Calédonie a souhaité l’élaboration d’une Stratégie d’adaptation au changement climatique, pour guider à l’échelle du territoire les actions d’adaptation qui pourront être déclinées à travers un plan d’adaptation au changement climatique. Cette initiative nécessite une coordination entre les acteurs gouvernementaux, scientifiques, secteur privé et les citoyens.

 

Intégrer les jeunes dans l’adaptation au changement climatique en Nouvelle-Calédonie

 

Pour cette étude il a fallu effectuer une revue bibliographique à l’échelle mondiale, un état des lieux sur la place des jeunes en Nouvelle-Calédonie et l’identification d’acteurs au potentiel pertinent pour soutenir l’intégration des jeunes.

 

D’une part, la revue bibliographique a montré que dans le Pacifique, de nombreuses actions ont permis aux jeunes de participer aux stratégies d’adaptation, notamment aux Îles Marshall, au Vanuatu et aux Îles Fidji notamment avec des projets éducatifs, de formation et de développement de capacités, des initiatives d’adaptation et de sensibilisation ou alors la formation de jeunes qui deviennent leaders communautaires.

Les Maldives, Madagascar et le Costa Rica mettent en place aussi des programmes éducatifs et des consultations publiques, des campagnes de nettoyage des plages, une inclusion des jeunes dans leurs efforts d’automatisation climatique et d’égalité des sexes.

 

La Nouvelle-Calédonie a déjà mis en place plusieurs plans notamment le plan jeunesse qui vise à structurer les politiques de jeunesse, favoriser l’autonomie, la responsabilité des jeunes et promouvoir leur reconnaissance sociale.

 

De plus, il est important d’identifier les différents acteurs clés de ce domaine pour assurer l’intégration réussie des jeunes dans les processus d’adaptation : acteurs politiques, organisations de la société civile, centres de recherche, secteur privé, organismes internationaux, bailleurs de fonds, plateformes et initiatives existantes.

 

Études de cas : les étudiants de l’Université de la Nouvelle-Calédonie

 

Un sondage a été effectué, et complété  par des revues bibliographiques, sur les élèves de l’Université de Nouvelle-Calédonie. En résumé, les niveaux de connaissance et d’implication personnelle des étudiants dans les enjeux climatiques locaux sont fortement variables d’un individu sondé à l’autre, ce qui démontre une hétérogénéité de la jeunesse, mais aussi d’un manque d’éducation et de sensibilisation spécifique et adapté à ce niveau d’après le ressenti des étudiants. Finalement, cette étude est une première approche exploratoire du rapport des étudiants au changement climatique.

Recommandations pour l’intégration des jeunes dans le développement de la Stratégie Pays d’Adaptation au changement climatique :

Des suggestions ont été formulées pour le plan d’Adaptation à partir de revues bibliographiques, de commentaires des étudiants et d’observations personnelles sur le terrain. On peut retrouver les objectifs et avantages de ces suggestion et les conditions de réussite.

–        Créer un Conseil des jeunes pour le Climat

–        Mettre en réseau les acteurs qui travaillent avec et pour la jeunesse

–        Renforcer l’éducation climatique et la sensibilisation des jeunes

–        Créer et/ou amplifier des événements attractifs sur les enjeux climatiques

–   Développer des opportunités d’engagement et d’actions pour les jeunes (Intégrer les jeunes comme acteurs proactifs dans la société, bénéficier de l’énergie et des compétences des jeunes pour générer des changements vertueux, créer une synergie d’engagement : plus il y aura des jeunes, plus l’engagement se développera)

–    Communiquer de manière efficace et ciblée (Rendre disponible l’information pour les jeunes et améliorer leur capacité à se saisir des enjeux)

En conclusion, la participation des étudiants de l’Université de la Nouvelle-Calédonie et des jeunes en général revêt une importance capitale dans la construction d’un avenir résilient face aux défis climatiques en Nouvelle-Calédonie. L’engagement, la créativité et les visions novatrices des jeunes sont des atouts précieux pour identifier des solutions efficaces et adaptées aux réalités locales.

 

Si vous voulez en savoir plus, retrouvez ici son mémoire, rapport ainsi que sa présentation !

( il faut clic droit et copier le lien pour ensuite l’ouvrir dans un nouvel onglet, veuillez nous excusez pour ces manipulations supplémentaires)